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09/08/2013

Chapitre 6.4.1. Faut-il se priver de toutes nos émotions ?



Texte lu





Description : est-ce bien raisonnable de tenter de vivre sans émotions ? Non ! Mais de les reconsidérer, peut-être...



 - P : bien. Est-ce que tu as des questions, des points encore irrésolus sur la vie quotidienne, et qui te tarauderaient l’esprit ?...


- C : quelques-unes, mais je vais en garder aussi pour essayer de trouver les réponses par moi-même.

- P : sage résolution ! Et pour celles que tu souhaites partager ?

- C : lorsque l’on fait le bilan de tout ce qu’on a dit sur la conscience émotionnelle, on n’est pas loin de penser que c’est le diable en personne !

- P : diable, donc !

- C : pour les émotions négatives, les pensées parasites qui nous pourrissent la vie, je suis tout disposé à le croire...même plus qu’à le croire pour le vivre parfois ! Mais considérons maintenant les émotions que l’on peut qualifier de positives, celles dont nous avons plaisir à nous remémorer, notamment lorsque l’on a un coup de « blues », faut-il s’en priver également parce que la conscience émotionnelle est dualiste (§ 2.2. La Conscience), et stimuler l’une quelconque de ses parties implique de l’exciter toute entière ?

- P : on va d’abord régler le problème des souvenirs positifs à la rescousse des moments de déprime.

- C : d’accord.

- P : peut-être que cela permet à certaines personnes de se remettre en selle, de repartir à l’attaque ! Toutes les situations sont possibles dans la nature humaine...Mais, plus généralement, j’aimerais attirer ici l’attention sur cette technique en « montagnes russes » : tristesse - souvenirs agréables, tristesse - souvenirs agréables...Des hauts et des bas...

- C : ça fait débat justement !

- P : je salue ta promptitude !...Alors, ce cas précis, qui convient bien à certaines personnes, qui leur permet de faire la transition, stimule particulièrement la conscience émotionnelle, par tous les bouts, si j’ose dire ! Emotions négatives du moment ou pensées parasites, auxquelles on va substituer de force des impressions, des sentiments agréables, puisés dans le même réservoir ! La conscience émotionnelle tourne à plein régime !

- C : et donc, je suppose que là tu préconises le retour à la respiration consciente, à l’attention, pour s’extraire de ce bourbier ?

- P : oui. Je sais ce que tu vas me dire, c’est pas facile, il n’y a pas d’interrupteur pour bloquer la conscience émotionnelle, simplement la volonté...

- C : non ! Plus maintenant.

- P : l’espoir renaît ! Bien. Maintenant on va envisager le simple désir de se replonger avec délice dans de merveilleux souvenirs enfouis, et le fait de vivre ses émotions. Le tout agrémenté de la question non subsidiaire : faut-il s’en priver ? Tu m’attends au tournant, là ?

- C : un peu, oui !

- P : tiens-toi bien, j’arrive !...Il est vrai que la mémoire nous offre le privilège de revivre sans limite nos expériences passées, et même nous en ferme souvent l’accès lorsqu’elles sont trop éprouvantes.

- C : l’oubli salvateur.

- P : oui. La question que l’on peut poser ici est : « pourquoi revivre systématiquement des événements passés ? » Nostalgie, ennui, alanguissement, regrets ? S’échapper par cette brèche du moment présent ? Désir de refaire le « film », d’en modifier le scénario ? Beaucoup d’interrogations où chacun trouve sa réponse, à condition d’être sincère avec lui-même !

- C : en soi, ce n’est pas nocif, c’est même très agréable souvent, d’où l’envie de renouveler ces expériences !

- P : non, ce n’est pas nocif. C’est même bien éloigné de pensées parasites négatives susceptibles de nous faire commettre des actes fâcheux, indésirables ! Cela n’en demeure pas moins l’expression de la conscience émotionnelle : le désir de revivre certaines scènes voluptueuses, de raviver des sentiments heureux, tout ceci prend sa source dans la conscience émotionnelle. Le niveau de conscience n’a pas changé...

- C : tu veux dire que pour être objectif, il faudrait confronter ce vécu avec le ressenti singulier, né du changement de niveau de conscience amené par l’attention, où « il n’y a rien à rajouter, et rien à retirer » ?

- P : c’est cela, oui. Voyons maintenant le vécu des émotions en direct !

- C : une chance, notre cameraman était présent !

- P : une chance, en effet !...On va évoquer ici le fait de vivre une expérience riche en émotions.

- C : donc, très agréable !

- P : en émotions agréables, effectivement. Pour bien comprendre, d’abord un jeu !

- C : chic !

- P : il faut être au bord de la mer. On va s’avancer dans l’eau et choisir de belles vagues puissantes qui vont nous porter, et nous ramener sur la plage. La satisfaction, le plaisir, la grâce du moment, c’est de vivre pleinement cette expérience par l’attention qu’on y met. On  est alors bien calé dans la vague, et ne faisons qu’un avec elle ! Mais il arrive parfois que, n’y prenant garde, on se retrouve le nez et la bouche plongés dans l’écume, et là, on suffoque, ce qui en soit est une expérimentation forte, mais on perd tout ou partie des sensations apportées par la vague !

- C : laisse-moi réfléchir...

- P : oui...

- C : la vague qui nous porte, c’est l’expérience vécue pleinement avec attention, et la tête dans l’écume, le trop plein émotionnel ?

- P : gagné !

- C : je fais des progrès !

- P : à mon contact !

- C : c’est bien, je vois que tu dois encore travailler l’humilité !

- P : c’est le désir d’apprendre !...Voyons maintenant un autre exemple, volontairement proche de celui de la vague. Tu es déjà allé sur des manèges à sensations ?

- C : oui.

- P : ça va faciliter la compréhension. Il y a deux façons de vivre l’expérience : maintenu par des harnais, se sachant en sécurité, on reste tranquille sur son siège, attentif au ressenti des sensations procurées par la vitesse, les courbes, les dénivelés, accompagnant le mouvement sans résister ; grisé par les impressions, on résiste, on s’émeut, on crie !

- C : le passager attentif est comme celui qui fait un avec la vague, l’autre qui « hurle » son émotion a « la tête dans l’écume » ?

- P : c’était facile, mais quand même ! Alors maintenant, nous allons monter en puissance, puisqu’il s’agit d’un cas cumulant deux expériences à connotations fortement émotionnelles...

- C : si on se laisse aller émotionnellement !

- P : bien entendu !...Un couple aimant, passionné par la musique, assiste à un concert. Là encore, deux vécus possibles : porté par la musique et les sentiments qu’elle inspire, chacun des amants s’enivre de la présence de l’autre à ses côtés, et ce n’est pas sans conséquences sur leur physiologie respective ; autre perception, le couple est là, intensément présent par l’attention qu’il porte à l’écoute de l’œuvre ; alors, il se produit un phénomène bien plus vaste que toutes les émotions connues, les deux amants sont en communion !

- C : effectivement. En fait, il n’y a pas de réponse à la question : « Faut-il se priver de toutes nos émotions ? ». Car lorsque l’on agit dans la conscience ordinaire où prédomine l’émotionnel, c’est pratiquement impossible, et quand on change de niveau de conscience par l’attention, le problème ne se pose plus...car il n’existe plus !

- P : Voilà ! C’est là véritablement un changement de paradigme. On ne découvre la solution à notre problème que si l’on accepte de sortir de l’ornière où l’on se trouve, mais comme toujours, il faut les deux critères indispensables à cette transformation : libre arbitre et volonté !
http://pgvcp.blogspot.fr/2013/08/chapitre-641-faut-il-se-priver-de.html

Chapitre 6.4.2. Donner un sens à sa vie


Texte lu





         

Description : là, c'est du lourd, semble-t-il ! Si l'on aborde ce thème "du sens de l'existence" avec nos critères habituels, sans doute, mais si l'on accepte de s'extraire de nos habitudes et de poser un regard différent sur le sujet, peut-être que...





- P : Une autre question ?



-  C : oui. On évoque souvent le fait de donner un sens à sa vie, qu’est-ce que tu en penses ?



- P : j’ai eu peur à un moment, car j’ai cru entendre : « Donner un sens à LA vie ! »



- C : rassure-toi, c’est bien SA vie ! Et pour LA vie, alors ?



- P : restons modeste car l’origine de la vie n’est pas véritablement connue, et tentons simplement de voir ce qu’il en est avec notre propre existence dans laquelle, souvent, nous nous débattons !



- C : donc, comme dirait l’autre, donner un sens à sa vie...a-t-il un sens ?



- P : cela en a certainement un pour la personne qui l’envisage et le décide.



- C : c’est vrai que je pose des questions, dès fois !...



- P : t’emballe pas ! Ça peut être très intéressant !



- C : tu me rassures...



- P : donner un sens à sa vie, trouver un but, et tout faire pour y parvenir relève certainement d’une ambition personnelle.



- C : et c’est mal ?



- P : ni bien, ni mal. Au départ, on cherche un modèle qui donnera des orientations, des références sur lesquelles se caler pour entreprendre cette quête. Ce ne sont pas les archétypes qui manquent ! L’histoire, la société, en produisent à foison...

- C : on peut donc s’inspirer de ces personnes, ou simplement trouver une disposition particulière et s’y tenir, quel peut être le problème ? C’est plutôt positif d’avoir des convictions, des centres d’intérêts qui nous portent, en tous cas, cela aide beaucoup de personnes !

- P : c’est sûr. Mais essayons un peu de creuser tout cela. Qui dit modèle, dit dépassement de soi : « je suis à ce niveau, et je veux parvenir à cet autre. ».

- C : c’est le fait de trouver une stimulation pour avancer, pour changer !

- P : encore une fois tout cela repose, à la base, sur la conscience émotionnelle ; l’intellect se chargeant des plans et de la prospective à long terme. Et là, nous avons potentiellement toute la gamme des émotions du fait que nous fonctionnons à partir d’un couple dualiste : réussite (espoir) / échec (crainte). Rien de nouveau sous le Soleil !

- C : pourquoi est-ce alors si important de donner un sens à sa vie ?

- P : la vie est véritablement le seul bien qui nous est donné sur cette planète. Mais en même temps que la vie, nous découvrons la société qui monnaye, marchande, classe, crée des différences, de la violence, et pour finir exhibe et valorise l’affirmation de soi !

- C : on se retrouve donc dans ce modèle sociétal avec un numéro de classement - niveau social, reconnaissance... -, et là, par conformisme ou par réaction, décider de « donner un sens à sa vie » !

- P : oui, de créer et de remplir l’album photos !

- C : c’est peut-être excessif...

- P : j’aime bien titiller de temps en temps !...Ça peut aussi partir d’une amertume, d’un désoeuvrement : « J’ai une vie de merde ! Il faut absolument que je donne un sens à ma vie ! » ; Le problème, c’est que tout cela s’engage à partir d’une réaction, on est en plein dans le concept « action / réaction »...

- C : c’est l’aiguillon qui permet d’avancer, éventuellement d’accomplir des œuvres de bien !

- P : tant que l’on fonctionne à partir de ce « type de moteur » - stimulation, reconnaissance des autres...ou de soi ! -, oui ! Mais attention, il consomme beaucoup d’énergie et a souvent des ratés ou des pannes !

- C : donc, donner un sens à sa vie...Non ?

- P : je reviens sur ce point primordial : « la vie est véritablement le bien le plus précieux que nous ayons ». En disant cela, je n’ouvre pas toutes grandes les portes de la satisfaction béate. Il importe avant tout d’acquitter cette exigence première : nourrir correctement chaque personne, car, comme le disait le sage indien Ramakrishna : « On n’apprend pas aux ventres vides ! ». En clair, pour saisir correctement notre existence, il faut d’abord en être conscient !

- C : tout à fait, et donc ?...

- P : lorsque l’on est dans l’action / réaction, on oscille ; quand on cherche une voie, un modèle, on copie ; quand on désespère de sa vie, on est dans l’échappement. Tout cela participe de la conscience ordinaire, commandée par l’émotionnel.

- C : donc, je te vois venir, la réponse à donner au « sens de sa vie » est à chercher dans le changement de niveau de conscience ?

- P : c’est comme pour la question précédente sur les expériences riches en émotions, la question relative « au sens de sa vie » ne se pose plus lorsque le changement de niveau de conscience se manifeste. Ainsi, par exemple, la simple attention peut nous faire comprendre que « donner un sens à sa vie » signifie : vivre des situations souvent difficiles, mais qui supposent une transformation radicale de nos comportements, de notre regard sur les personnes et les événements qui composent notre quotidien.

- C : tu veux dire qu’il suffit simplement d’exercer notre conscience attentive, d’agir et de résoudre les problèmes et les difficultés qui se présentent à nous, là où l’on se trouve ?

- P : d’agir à partir de cette conscience attentive, tout simplement. Il se peut que cela nous mène à réaliser des « œuvres de bien », comme tu dis, mais aussi de mener une vie simple, modeste, sans « éclat ». Qu’importe, la transformation, elle, se manifeste.

- C : la transformation qui naît de la conscience attentive, et qui nous délivre de la conscience ordinaire ?

- P : voilà ! Autre chose ?

- C : oui, une dernière question...


- P : oui, et après tu cherches tout seul !

Chapitre 6.4.3. Etre créatif dans la vie quotidienne



Texte lu






Description : un autre débat, ici encore : peut-on être créatif dans les tâches communes de la vie quotidienne ? La société, qui définit clairement les critères de la création, nous hurle que non ! Mais si l'on est suffisamment attentif, on pourra peut-être percevoir une "petite voix" qui nous tiendra un autre discours...





- C : Beaucoup de personnes passent par ce constat désolant : « Dans ma vie, je ne fais rien, je ne crée rien... ». Alors, peut-on être créatif dans la vie quotidienne ? Dans les actes communs notamment, ceux qui concernent la majorité des personnes ?

- P : c’est une question vraiment intéressante.

- C : heureusement, c’était la dernière !

- P : ça doit être ça, en effet...La création est valorisée dans notre société, en tous cas pour les artistes reconnus. Il est donc séduisant de s’orienter vers une activité créatrice, mais voilà...

- C : ...n’est pas Bach, Hugo, Michel-Ange, De Vinci...qui veut !

- P : je ne pense pas que cela puisse s’adapter à la vie quotidienne, et ne suis pas vraiment sûr qu’ils correspondent aux critères créatifs d’aujourd’hui !...Mais même en restant dans la conception et l’invention modeste, cela ne concerne qu’une infime minorité de personnes. Il faudra donc trouver ailleurs l’acte créateur...

- C : ...si acte créateur il y a !

- P : si l’on s’en tient à la définition stricte : créer, c’est produire quelque chose de nouveau, une œuvre, un concept, un élément qui n’existaient pas auparavant.

- C : on ne peut pas être créatif en épluchant des betteraves, par exemple ?

- P : si cela nous ennuie, que l’on tâche nos vêtements, et qu’on se blesse avec le couteau...Certainement pas !

- C : et sinon ?

- P : prenons un peu le temps de la réflexion avant de répondre...

- C : bien-sûr, car si tu disais oui d’emblée, ça pourrait surprendre !

- P : c’est pour ça que je préfère différer un peu, prendre du champ...

- C : ...de betteraves, naturellement ! Désolé...

- P : non, non, c’est bien à sa place !...Parmi les exemples que tu as choisis pour décrire ce que pourrait être la vie quotidienne, si on l’abordait avec une conscience attentive, il y avait celui concernant les personnes qui ont la bougeotte. (§ 6.3.2.)

- C : tout à fait !

- P : on a dit que ce comportement particulier prenait naissance dans l’état de la conscience...

- C : ...à mental agité, corps excité !

- P : si tu as d’autres aphorismes comme celui-ci, n’hésite pas !...Dans cette situation, la conscience est dans une phase « récréative »...

- C : ...comme la récréation à l’école ?

- P : ça correspond bien, oui. Et la plupart du temps, nous donnons des activités en pâture à notre mental pour qu’il nous laisse tranquille, pour qu’il ne nous assaille pas de pensées parasites !

- C : ça, c’est clair ! Mais les activités ennuyeuses, rébarbatives, cycliques : faire le ménage, les courses, la cuisine...On ne peut pas les considérer comme une distraction du mental ? D’abord, ce sont des obligations !

- P : laissons l’aspect « obligations » de côté, ce n’est pas ça qui importe. La notion d’ennui pour les tâches que tu évoques peut s’expliquer, à la fois en les comparant à d’autres occupations très stimulantes émotionnellement, mais aussi par l’absence de valorisation dont elles font l’objet dans notre société.

- C : il n’y a que vingt-quatre heures dans une journée, et je dois en consacrer une pour faire le ménage, alors que je pourrais m’adonner à mon passe-temps préféré !

- P : c’est tout à fait ça !

- C : bon. Mais là rien n’a changé, et l’on est toujours avec le chiffon, le balai, le seau et la serpillière ! Qu’est-ce qu’on fait, on rajoute quelque chose pour rendre cela créatif, un ruban dans les cheveux par exemple ?

- P : ça pourrait marcher chez certaines personnes à l’imagination fertile ! En fait, tu es proche de la solution, mais dans l’autre sens !

- C : c’est pas rajouter, mais enlever ?

- P : oui ! Aller, encore un effort !

- C : ôter le sentiment de lassitude ou d’oppression qui nous accable lorsque l’on doit se consacrer aux tâches qui nous rebutent ?

- P : oui, mais...

- C : un peu de retard à l’allumage !...Pour la énième fois, il n’est pratiquement pas possible de contrer un état mental obsédant en lui substituant un autre. Il convient simplement de revenir à l’attention.

- P : et ainsi de ne plus être dans la « récréation », dans les émotions invalidantes, mais d’œuvrer véritablement de façon créative !

- C : finalement, toutes les questions existentielles exprimées jusqu’à présent obtiennent la même réponse : la conscience attentive ! C’est la méthode entonnoir ?

- P : pourquoi pas ! L’essentiel étant que cela donne les résultats souhaités. Dans le point suivant, nous verrons pourquoi il en est ainsi.

- C : et hormis le fait que l’attention transforme profondément notre perception des choses, n’y a-t-il rien de vraiment « créatif » dans cette attitude ?

- P : si, et non des moindre !

- C : ah ! On va enfin savoir !...

- P : la véritable création, c’est celle qui se passe en soi-même, c’est le changement de niveau de conscience qui s’installe progressivement, mais c’est surtout ce qui s’exprime à partir de cela, et que l’on partage au quotidien dans le relationnel !

- C : que dire d’autre après cela ?

- P : qu’on finisse avec une belle plage de musique, et qu’on se retrouve dimanche prochain pour, cette fois, terminer sur « la vie quotidienne ».

- C : ça me va bien. Comme on a le temps, on se fait un festival ?

- P : volontiers ! Je te propose un florilège de musique française contemporaine avec :

     * Arthur Honegger : la pastorale d’été (1);
     * Olivier Messiaen : l’ascension (version pour orchestre) (2);
     * Albert Roussel : Troisième symphonie (3);
     * André Jolivet : concerto pour ondes Martenot (4);   
     * Darius Milhaud : Le Bœuf sur le toit (5);
     * Heitor Villa-Lobos : Bachianas brasileiras  n° 5 (6). (Compositeur brésilien, mais qui a étudié et résidé en France pendant sept ans).

- ..........



(1) Honegger : La pastorale d'été

http://www.youtube.com/watch?v=4p2f3UTBcKI

(2) Messiaen : L'ascension

http://www.youtube.com/watch?v=aPt93AgH4lY 

(3) Roussel : Symphonie n° 3

http://www.youtube.com/watch?v=ktjJdsM1I8c

(4) Jolivet : Concerto pour ondes Martenot

http://www.youtube.com/watch?v=OfhAKLUp_LE

(5) Milhaud : Le boeuf sur le toit

http://www.youtube.com/watch?v=VZLfIKYg0Pg

(6) Villa-Lobos : Bachianas brasileiras  n° 5 

http://www.youtube.com/watch?v=9wBaC-Wq7Lo

Chapitre 6.5. Une certaine manière d'être



Texte lu



 



Description : pour résumer l'ensemble et aborder la base de tout, l'existence au quotidien, avec "une certaine manière d'être"...





- P : bon, j’espère que cette fois nous en aurons fini avec cette vie quotidienne !...



- C : c’est le thème pivot ! Celui où l’on essaie ce dont on a parlé tout au long de nos discussions.



- P : celui où l’on essaie, mais celui ou « l’ON S’ESSAIE », surtout ! Donc il faut, à un moment donné, abandonner le questionnement, comme tu l’as très bien compris en renonçant à poser toutes les questions qui t’interpellent, comptant sur ta propre réflexion, et plus encore sur l’intuition, ramenée au premier plan par la conscience attentive !



- C : tu vas quand même parler de tout ce que tu avais envisagé : « la méthode entonnoir » (§ 6.4.3.), le pardon...



- P : sans problème ! Juste après le retour à Bach, pour clôturer le cycle musical ! Plongeons-nous dans la première suite pour violoncelle ! (1)



- C : ah, oui !



- ..........



- P : on est régénéré après !...C’est bien, car on va en avoir besoin !



- C : à ce point là ?



- P : c’est pour mettre dans l’ambiance... « Quand la vie va mal ! »...Ce pourrait être le point de départ, l’alerte, le signal qu’il faut réagir, effectuer un travail sur la conscience !



- C : comme ce dont nous avons parlé, respiration consciente, attention, et régler ainsi nos problèmes ?



- P : c’est bien de poser cette question, car cela va permettre de faire une mise au point importante. Nous parlons ici des états de conscience, de la façon de les modifier, d’agir sur eux. Il ne faut pas attendre de prodiges, ou d’interventions miraculeuses qui vont régler d’un coup toutes nos difficultés, notamment matérielles !



- C : naturellement ! On s’attache à l’impact psychologique de nos problèmes, quels qu’ils soient, tout particulièrement à la « lecture » émotionnelle que nous en faisons, et surtout comment agir pour dissiper ces émotions perturbatrices. En oeuvrant ainsi, nous pourrons  retrouver la lucidité qui nous manquait, élément indispensable pour s’impliquer efficacement dans l’action. Et là, on peut développer...



- P : en effet ! Je t’en prie développe...

- C : il est certain qu’oeuvrer à partir de la conscience attentive ne va pas régler tous nos problèmes existentiels, et notamment transformer des citrouilles en carrosses ! Mais cela peut nous éviter nombre de « petits désagréments » comme :

     * se couper en épluchant des légumes ;
     * se cogner en se déplaçant ;
     * manquer une marche d’escalier, ou le trottoir ;
     * oublier un document ou un objet important ;
     * être attentif à ce qu’on nous dit, et répondre en conséquence...

Bref, tout cela mis bout à bout peut représenter beaucoup dans une vie, et transformer une existence paisible en réservoir à problèmes !

- P : c’est parfait d’avoir pensé à cela ! C’est tellement vrai !...Or, ce travail sur notre mental, ce changement de niveau de conscience rendu immédiat par l’attention et la respiration consciente...la plupart du temps, nous ne le faisons pas lorsque c’est nécessaire, indispensable pour s’extraire de notre torpeur émotionnelle ! Pourquoi ?

- C : par manque d’énergie, abattus par les circonstances.

- P : ce sont les effets, mais la cause ?

- C : la conscience émotionnelle et son fonctionnement ?

- P : tu peux préciser...

- C : pour reprendre ton expression : « Quand la vie va mal ! », la conscience émotionnelle fonctionne à plein régime, produit des pensées parasites à foison, et nous ne sommes plus capables de raisonner, et donc d’agir correctement...

- P : parfait, tu as mis le doigt dessus !

- C : bon, j’enlève le doigt, et tu vas pouvoir développer !...

- P : monsieur est trop bon !...En même temps, la « méthode entonnoir » (§ 6.4.3.) va révéler son mystère !

- C : j’ai hâte !...

- P : la conscience et les pensées sont tout notre univers. Nos actes, nos comportements sont savamment conçus et réglés au préalable dans notre conscience. Ce que nous vivons, ce que nous expérimentons n’est que la projection de tout cela...mais filtrée par le niveau de conscience du moment, à travers le fameux entonnoir ! Donc, toutes les réponses  existentielles s’expriment par ce filtre, et traversent l’entonnoir !...

- C : c’est pour cela que la personne qui va mal, souvent, ne trouve pas l’énergie suffisante pour reprendre le dessus.

- P : oui, parce que tout son espace mental est saturé par les émotions qui débordent en permanence de cette conscience bien connue dorénavant. Par exemple, même se livrer à une activité qu’on apprécie beaucoup d’ordinaire, devient pratiquement inenvisageable, car pour cela il faudrait disposer d’un « espace mental » dédié, permettant de s’adonner à notre passion !

- C : mais rien à faire, la conscience émotionnelle remplit tout l’espace disponible ! Ce qui se traduit, dans l’aire réservée à la logique et au raisonnement, par : « J’ai plus goût à rien... ». Une solution ?

- P : tu te souviens lorsqu’on avait comparé le flux des pensées qui assaillent la conscience au filet d’eau qui coule du robinet, et que l’impression de continuité du flux, dans les deux cas, était une illusion liée à la limitation de nos sens ?

- C : oui, sur l’attention.

- P : et bien même lorsque ça va mal, que l’on baisse les bras devant des situations que l’on considère inextricables, il existe toujours des « micros espaces » entre deux pensées parasites à partir desquels il est possible d’agir : de pratiquer la respiration consciente, d’être attentif, même quelques minutes, voire quelques secondes ! Et de là, repartir, creuser son sillon ! Elargir cet intervalle entre deux pensées inopportunes jusqu’à ce qu’un espace clair, libre, suffisamment dégagé, s’installe et fasse place aux nuages déployés par la conscience émotionnelle ! Voilà ce qu’il convient de faire, mais pour cela...

- C : ...il y a un minimum incontournable qui ne peut être fait à notre place, c’est l’exercice de la volonté qui donnera le coup de pied salutaire, exprimant le désir de s’en sortir !

- P : c’est à la fois le sol fertile et la graine ! Et dans cette union prometteuse, on va essayer d’y faire fleurir « une certaine manière d’être », susceptible de nous accompagner au quotidien tout au long de notre existence !

- C : très bien ! Et le « pardon » ?

- P : il devrait en résulter.

- C : la boucle sera alors bouclée !

- P : cela part de deux attitudes qui expriment assez bien comment le vécu d’une situation sociale peut aboutir à des comportements radicalement opposés, sachant que l’une des conduites s’inspire, justement, de ce que nous avons développé.

- C : d’accord.

- P : on peut définir ces deux attitudes, à partir desquelles nous vivons une situation, d’après le raccourci suivant : « Compréhension - acceptation » ou « Obstination - excitation ».

- C : tout un programme!...

- P : un logiciel même, pourrait-on dire!

- C : je suppose que le premier duo, « Compréhension - acceptation », s'inscrit dans la conscience attentive ?

- P : oui. Prenons un exemple tangible, et voyons pas à pas comment l'attention va permettre de gérer au mieux une situation conflictuelle en l'intégrant naturellement dans cette perspective.

- C : nous avions déjà vu l'exemple du conflit, lorsque nous avons évoqué l'attention pour la première fois.

- P : oui, un rappel ne fait pas de mal, surtout lorsque ce principe peut s'appliquer à toutes les situations de la vie quotidienne, notamment celles qui sont critiques.

- C : révisons, alors!

- P : face à une situation problématique qui nous implique seul ou nous relie à d'autres interlocuteurs, on peut schématiser ainsi les étapes respectant la logique du protocole « Compréhension - acceptation » :

  • Etre attentif au problème pour discerner ses composants essentiels : c'est cela qui donnera la compréhension.
    
  • Lorsque la compréhension est totale ou suffisante, c'est-à-dire lorsqu'il ne subsistera plus de doutes ou d'interrogations, maintenir l'état d'attention pour vivre sereinement la deuxième étape : l'acceptation.

- C : comment l'acceptation devient-elle naturelle ?

- P : tu ne te souviens plus des effets de l'attention ?

- C : la suppression de « l'appel mémoire » qui réduira considérablement  les effets indésirables de la conscience émotionnelle.

- P : j’ai eu chaud !...Donc, la conscience de l'attention va se substituer à la conscience émotionnelle, et dans cet état particulier on accepte plus facilement, et surtout naturellement, les contraintes que nous pourrions subir dans la résolution du problème.

- C : ne risque-t-on pas, dans ces circonstances, de se « faire avoir » plus qu'à son tour ?

- P : si, bien-sûr !

- C : ? ? ?... (Surpris !)

- P : j’explique. Un conflit a lieu entre deux personnes, l'une est attentive, comprend bien la situation, et accepte certaines contraintes pour résoudre le désaccord ; une tierce personne, qui observe la scène, pense : « Elle se fait avoir ! »

- C : est-ce le cas ?

- P : oui, pour la personne qui observe, et non pour la personne attentive !

- C : parce qu’elles ne « fonctionnent » pas à partir du même niveau de conscience.

- P : tout à fait ! Elles vivent une réalité fort différente, avec des valeurs qui le sont toutes autant.

- C : l’essentiel étant la résolution du conflit.

- P : oui ! Et de ce point de vue on  respecte l’une des règles fondamentales de la nature : la voie de moindre énergie ; ici, en recourant à minima, ou par l’absence de ressources émotionnelles !

- C : et en plus, on fait des économies d’énergie !...Et la manière forte maintenant ! L’option : « Obstination - excitation » ?

- P : elle est malheureusement dominante dans notre société, et s’invite de deux façons : d’emblée dans le processus, l’obstination remplace la compréhension ; ou en s’intercalant entre la compréhension et l’acceptation...

- C : ...je comprends... mais je n’accepte pas !

- P : c’est ça oui, parce que l’attention n’est pas suffisante pour empêcher les vagues émotionnelles de déferler !

- C : et comment ce duo marche-t-il ?

- P : lorsque l’on s’obstine, on entre dans une phase de contrariété ou de déni, déni qui va éloigner tout espoir de revirement, rendre toute compréhension impossible. On a évoqué tout à l’heure « la voie de moindre énergie », qui est celle du premier duo, comme tu dis, et bien là par contre, de l’énergie il en faut une sacrée dose pour maintenir, au moins constant, l’état d’obstination !

- C : et où puise-t-on cette énergie, dans l’excitation ?

- P : gagné ! L’excitation, née également de la conscience émotionnelle, est un moteur puissant. Plus exactement, c’est l’énergie nécessaire qui crée l’obstination en permanence. L’excitation, dans cet aspect conflictuel, c’est par exemple ce plaisir morbide que l’on éprouve à l’idée de satisfaire une revanche, une vengeance. Et l’on sait bien que le scénario, une fois élaboré, peut durer des années !

- C : des décennies ! Voire même se transmettre de génération en génération !

- P : c’est malheureusement vrai...Et si cela se termine par un épisode violent, cette conclusion brutale apporte une satisfaction qui agirait un peu comme la détente fulgurante d’un gaz longtemps compressé ; il s’agit toujours d’excitation, et cela ne doit absolument rien au bien-être ou à l’apaisement.

- C : pourrais-tu donner un exemple de situation impliquant une réponse « Obstination - excitation » ?

- P : bien-sûr, et l’analyse qu’il est possible d’en faire montrera les mécanismes en jeu, ainsi que la façon de gérer ce même événement si l’on décidait de l’aborder selon la « manière douce ».

- C : parfait !

- P : par une belle journée de printemps, trois amis décident de faire une randonnée dans un bois bien connu de Paris. La promenade achevée, tous sont satisfaits et contents de ce temps partagé, mais il faut rentrer, et l’on rejoint le véhicule de l’un des protagonistes. Après quelques minutes, la voiture s’engage dans une rue étroite où une fourgonnette est arrêtée. Le conducteur venant juste de descendre pour, très certainement, faire une course rapide...

- C : et là, c’est le drame !

- P : voyons plutôt !...Le conducteur : « Ah ! C'est pas vrai...Il vient juste de s'arrêter ! » (Début de l'obstination, déclenchée par une contrariété). Une minute vient à peine de s’écouler que le conducteur du véhicule à l'arrêt est de retour. Le conducteur irrité (au passager avant) : «  T'as vu comment il me regarde ?...C'est lui qui gêne, et en plus il me regarde de travers !... » (Prolongation de l'obstination sous l'effet de l'excitation). Le passager : « Oui, c'est incroyable ! » Le conducteur excédé : « Ah vraiment ! La moindre des choses serait de s'excuser !... » Le passager : « Oui, en effet ! »
Dans cette courte situation qui n'aura durée que deux minutes en comptant large, la conscience émotionnelle aura pu modifier instantanément le sentiment heureux et satisfait qui se dégageait de cette journée passée ensemble en mécontentement et agacement !

- C : et l’analyse ?

- P : on peut suivre l’action, de l’essentiel à l’événementiel, à partir de l’un des piliers de la réalisation sociétale : l’affirmation de soi. Elle crée le sentiment : « Je suis la mesure de toute chose », qui va se décliner à partir de notre éducation et des valeurs que nous estimons justes. Lorsque l’on observe chez autrui un manquement envers ces valeurs, et tout particulièrement quand nous y sommes impliqués, un signal émotionnel se produit.

- C : ces valeurs que nous reconnaissons comme justes, peuvent cependant être erronées ?

- P : peu importe. A travers elles une personnalité se construit, reposant sur les consciences émotionnelle (surtout) et  intellectuelle, produisant ce qu’on appelle l’ego. Et l’ego, notre personnalité propre...mais multiple, fonctionne selon le principe d’action et de réaction.

- C : et lorsque la conscience émotionnelle en est le moteur, le principe s’emballe !...Mais pourquoi « multiple » ?

- P : tout à fait. Multiple, car comme on l’a vu (§ 3.2. Etat des lieux), cette personnalité qui repose sur une « collection » de faits mémorisés peut changer à tout instant selon notre humeur.

- C : et l’action reposant sur le principe « Compréhension - acceptation » émanerait de la conscience naturelle.

- P : oui, celle que l’on a qualifiée de conscience attentive.

- C : comment cette même scène pourrait se présenter, vue sous cet angle ?

- P : la présence du véhicule arrêté, empêchant momentanément la circulation, est perçue et vécue avec attention ; la compréhension est immédiate ; « l’appel mémoire » n’intervient pas, délivrant de l’emprise émotionnelle ; l’acception (attendre tranquillement que la situation se débloque) devient naturelle.

- C : ça paraît effectivement simple comme ça !

- P : mais ça l’est ! Car la conscience naturelle qui mène le jeu, délivrée des comportements standardisés des mémoires émotionnelle et intellectuelle, n’est plus en prise avec le principe d’action et de réaction, mais repose sur la compréhension totale de ce qui est observé ; toutes les liaisons avec les affects sont déliées, dissipées !

- C : c’est ainsi que se révèle la connaissance de soi !

- P : oui ! La connaissance de ce que nous sommes réellement, l’expression de la conscience naturelle née de l’attention, et qui est donc présente en chaque être !

- C : toutes les personnes ne sont pas identiques, si l’on s’attache uniquement à l’intelligence, au savoir...

- P : ...naturellement ! Même avec beaucoup de travail et la meilleure volonté, un excellent compositeur n’égalera jamais Bach, un peintre talentueux, De Vinci, un écrivain habile, Hugo, et un physicien expérimenté, Einstein ! Mais il est question ici de relations sociales, de rapports humains, de compréhension et de compassion, valeurs qui s’expriment naturellement lorsque la conscience attentive dissipe ce qui émane de l’affirmation de soi.

- C : c’était pour que cela soit dit !...Au fait, dans le scénario que tu as décrit, quel pouvait être l’aboutissement de « l’excitation » ?

- P : les insultes, et tout ce qui peut advenir ensuite !... Bien, pour résumer, l’attitude qui consiste à vivre selon le principe « Compréhension - acceptation » :

  • Substitue la connaissance de soi à l’affirmation de soi ;

  • Trouve sa source dans l’attention portée aux événements que nous vivons ;

  • N’élimine certes pas toutes les difficultés de l’existence, mais permet de les traverser avec beaucoup moins d’appréhension et plus de sérénité.

- C : ça résume bien. Tu en as la ferme conviction ?

- P : j’en ai la douce certitude...

- C : et le pardon ?

- P : c’est une notion souvent évoquée pour la transformation psychologique qu’il est supposé apporter. Il trouve son origine dans le domaine spirituel, mais nous n’en avions pas parlé alors. C’est bien, parce que le pardon est contenu dans le principe « Compréhension - acceptation ».

- C : ah oui, c’est bien !

- P : donc le pardon, par le repentir qu’il implique, est sensé soulager « l’âme » et la faire évoluer. Il n’est pas question ici de s’inviter dans ce débat, mais simplement faire remarquer que cette démarche s’appuie complètement sur le principe d’action et de réaction...

- C : ...sollicitant dès lors la conscience émotionnelle. En effet, pardonner, c’est lutter émotionnellement contre un ressentiment, une meurtrissure,  une vengeance ! Ceci, dans l’espoir de satisfaire aux règles dogmatiques que l’on s’est imposées !

- P : oui. Alors, cette lutte interne, ce désir de pardonner peut effectivement procurer du soulagement, mais sous l’emprise de la conscience émotionnelle, et souvent au prix d’un long travail psychologique. La compréhension totale, amenée comme on l’a vu par la conscience attentive, conduit naturellement à l’acceptation, sans faire un détour stressant par la conscience émotionnelle, esquivant ainsi le principe d’action et de réaction.

- C : bien, je crois que nous avons vraiment terminé avec le thème de « la vie quotidienne ».

- P : terminé avec la « vie quotidienne », comme avec le reste, c’est-à-dire tous les thèmes de réflexion nés de ton questionnement matinal !

- C : incroyable, quand j’y pense !...

- P : n’y pense pas trop, sois plutôt attentif !

- C : c’est promis ! Une conclusion, quand même...



Bach : Suite pour violoncelle n° 1

http://www.youtube.com/watch?v=kq1erEVES1M
http://pgvcp.blogspot.fr/2013/08/chapitre-65-une-certaine-maniere-detre.html

08/08/2013

Chapitre 7 : Pour conclure

Texte lu







Description : pour aboutir à différencier la conscience ordinaire, celle que nous utilisons "normalement", et la conscience naturelle, celle à partir de laquelle notre regard sur les êtres et sur le monde changerait radicalement, tendant vers la compréhension et l'universalité...





- P : c’est toujours difficile de conclure, surtout sur des thèmes de cette nature...

- C : je vais t’aider !

- P : je te remercie !

- C : c’est tout naturel !...Qu’est ce qui te fait penser que ce qui a été proposé ici est fiable, et porteur d’un réel changement pour les personnes qui souhaiteraient l’expérimenter ?

- P : le bon sens, l’expérience et l’observation.

- C : tu peux développer ?

- P : le bon sens, c’est la partie intuitive, qui peut survenir lorsque l’on découvre les éléments énoncés ici. Fondamentalement, il n’y a rien de nouveau, c’est difficile d’innover en matière de connaissance de soi, juste la façon de le présenter...

- C : ...si ça peut donner envie de s’y mettre, c’est bien !

- P : acceptons-en l’augure. Puis, vient l’expérience que l’on en fait au quotidien, suivie des effets et des changements ressentis dans notre conscience.

- C : ce que j’ai fait, et partagé ensuite...

- P : c’est très important ! Ces connaissances sont faites pour être partagées. Pas besoin d’être un expert ! L’attention, la respiration consciente sont des « postures naturelles ». Chacun est capable de les pratiquer, d’en ressentir les bienfaits, et donc de le transmettre.

- C : pour partager tout cela, on pourrait le diffuser sur Internet ?

- P : excellente idée ! Ainsi, la diffusion sera à portée de « click » !

- C : on va s’y employer ! Une dernière précision...

- P : oui...

- C : tu m’as dit que l’objet de notre discussion pourrait s’intituler : « Vie, conscience et partage ».

- P : oui.

- C : le lien entre la vie et la conscience est évident. On peut affirmer que la première a permis l’émergence et le développement de la seconde. Malgré ce que l’on vient de dire, je ne pense pas que tu songeais à Internet pour introduire le partage ?

- P : non.

- C : très bien. Alors, peux-tu m’expliquer le rapport entre « conscience » et « partage » ?

- P : avec tout ce qu’on a dit sur la conscience, tu ne vois pas ?

- C : j’ai une petite idée, mais comme il s’agit de ton cheminement, je souhaiterais que tu l’exposes...Comme ça sera sur Internet...

- P : bien. La conscience est très malléable, elle s’adapte à de multiples modes d’existences...

- C : ...peut-être trop d’ailleurs, lorsque l’on observe avec quelle facilité il est possible d’influencer les personnes et les maintenir là où l’on souhaite qu’elles demeurent !

- P : on a vu cela, c’est « l’inertie cérébrale », qui tend à maintenir le modèle dominant en place. Chaque matin, nous endossons le « costume émotionnel et intellectuel » que l’on a déposé la veille au pied de son lit... 

- C : ...et soigneusement même, il ne doit pas se froisser, faire des plis !

- P : surtout pas !

- C : donc cela, c’est la conscience ordinaire, normale, qui crée et entretient l’ego ?

- P : oui. Puis, lorsque le costume est déposé, une autre conscience émerge, mais pas immédiatement car le « pyjama » fait encore écran...

- C : ...et pour ceux qui dorment nus ?

- P : il reste des traces, issues de l’imprégnation des vêtements, qui participent à la conception des rêves, par exemple.

- C : il s’agit toujours de l’ego ?

- P : oui, car le rêveur conserve sa personnalité et une partie de ses souvenirs dans ses voyages nocturnes. Il vit souvent des expériences avec des personnes de ses connaissances, liées à son histoire.

- C : et l’autre conscience ?

- P : c’est celle de l’être « nu » psychologiquement : dépourvu d’ego, délivré des désirs, des pulsions, des intérêts, des calculs, malheureusement...

- C : ...malheureusement ?

- P : nous n’en avons pas « conscience », justement, car elle appartient au sommeil profond. Mais, heureusement...

- C : ...heureusement ?

- P : heureusement, certains se posent des questions au réveil, comme : « Serait-il possible de prolonger cet état de quiétude que l’on ressent le matin, d’être à nouveau libre de tous ressentiments, d’oublier les anciennes querelles, de repartir sur des bases saines ? »

- C : ça me dit quelque chose, effectivement...

- P : en essayant de trouver des réponses à ces interrogations, mais surtout en les vivant au quotidien, on découvre qu’il est possible de changer de niveau de conscience. Et à partir de ce degré particulier, de cette conscience attentive, vivre naturellement et simplement les expériences de l’existence, comme si le principe d’action et de réaction perdait de sa substance, de son pouvoir attractif !

- C : une conscience qui fonctionnerait sans le support de l’ego, réagissant spontanément par  la compréhension et la compassion. La conscience du sommeil profond, vécue à l’état d’éveil, d’où le partage se manifesterait naturellement ?

- P : tu as répondu à la question que tu posais !

- C : l’intellect a posé la question, et la conscience attentive a suggéré la réponse...

- P : (Garde le silence, et sourit !...).




01/06/2012

I. Présentation

Texte lu




« Un dialogue entre amis » donnait un éclairage sur la conscience et ses différents niveaux. C’est ainsi que nous avons pu découvrir les effets de l’attention.

     Cette seconde partie peut être considérée comme une application pratique. En effet, chaque texte proposé dans ce « journal d’un changement de niveau de conscience », qu’il émane d’une réflexion ou fasse suite à une demande, puise aux sources de l’attention.