PREMIÈRE PARTIE : UN PARCOURS DÉDIÉ À LA TRANSFORMATION PERSONNELLE
Voici les événements qui aboutirent à ce journal.
Une curiosité, un intérêt intellectuel et une volonté de se connaître soi-même. Ce cheminement dans la durée aboutit à l’écriture de trois ouvrages : « Vie conscience et partage », « Le choix de la conscience », « L’éveil de la conscience : révélations et transformations », disponibles sur ce blog.
- Le principe fondamental : chaque être est une conscience.
- En accord avec ce principe, il convient de vivre consciemment.
- Une façon de vivre consciemment consiste à être attentif.
- Être attentif, c’est observer sans jugement.
- Chaque moment de l’existence peut faire l’objet d’attention ; en l’absence d’occupation il est toujours possible de respirer consciemment.
Une fois ce travail accompli (publication des ouvrages sur le blog afin qu’ils soient partagés), il restait l’essentiel : vivre pleinement au quotidien cette manière d’être.
On pourra y trouver des informations susceptibles d’apporter des éclaircissements sur une voie consacrée à la connaissance de soi. Mais il convient avant tout de s’en tenir à cet avertissement transmis par le Bouddha :
« Ne croyez-pas ce que je vous dis parce que je suis le Bouddha. Voyez par vous-même, expérimentez, faites-vous votre propre opinion, soyez votre propre lumière : ne suivez personne ! »
Le mot d’ordre : libre arbitre et volonté !
Bien à vous !
CHAPITRE I : Le Chemin de l'Éveil : jalons d'une transformation
1. UNE MISE AU POINT NÉCESSAIRE
Commencer un ouvrage consacré à la connaissance de soi par deux citations de T. Lobsang Rampa peut surprendre.
« Ohé ! Ohé ! À quatre ans, tu n'es pas capable de te tenir sur une selle ! Tu ne seras jamais un homme ! Que va dire ton noble père ? » (Tirée du Troisième Œil, premier ouvrage de Rampa.) « Que les Bons Esprits vous protègent. » (Phrase finale du Sage du Tibet, son dernier livre.)
Aujourd'hui, Cyril Henry Hoskin — l'Anglais n'ayant jamais mis les pieds au Tibet — est largement considéré comme un imposteur. Mais cette révélation n'annule pas l'impact majeur qu'il a eu sur des millions de lecteurs. Pour beaucoup, ses écrits ont servi de porte d'entrée inattendue vers la spiritualité orientale, une sphère alors peu connue en Occident.
1.1. Le premier pas vers la spiritualité
À une époque où l'accès à la littérature sur le bouddhisme, le yoga ou la méditation était limité, les livres de Rampa, avec leurs récits fantastiques et accessibles, ont comblé un vide. Des ouvrages comme Le Troisième Œil ou Histoire de Rampa ont offert à des millions de personnes un premier contact avec des concepts ésotériques comme les chakras, l'aura, la voyance ou les voyages astraux. Même si les faits étaient enjolivés, voire inventés, le récit a su éveiller la curiosité et susciter des questions sur le sens de la vie et la nature de la conscience.
1.2. Un initiateur de la quête de soi
L'influence de Rampa réside moins dans l'authenticité de ses histoires que dans sa capacité à inspirer une quête personnelle. Pour de nombreux lecteurs, l'attrait pour le mystère tibétain, couplé à la simplicité avec laquelle il expliquait des concepts complexes, a été un catalyseur. Ses œuvres ont agi comme un tremplin, encourageant les lecteurs à explorer des pratiques telles que la méditation ou la pleine conscience, et à chercher des voies plus authentiques pour approfondir leur compréhension de la spiritualité.
En fin de compte, l'histoire de Lobsang Rampa illustre une vérité fondamentale sur le voyage spirituel : ce qui importe n'est pas toujours la pureté de la source, mais l'impact qu'elle a sur le pèlerin. Il a peut-être été un imposteur, mais pour une génération entière, il a été le premier guide, celui qui a montré qu'un autre chemin existait. Son rôle fut d'allumer une étincelle, laissant ensuite à chacun le soin de l'entretenir pour trouver sa propre voie.
Donc, sans conteste et sans hésitation : merci Rampa !
2. LES ÉTAPES DU CHEMINEMENT : le déclic
D'où est née cette première attirance pour la connaissance de soi ?
Mon enfance ne fut marquée par aucune culture familiale pour la religion ou la spiritualité. Gérer le quotidien était l'unique priorité. Toute première expérience religieuse fut même dissuasive : enfant, la vision soudaine d'un homme en soutane dans l'obscurité d'une église provoqua une peur si intense que je m'en suis précipité dehors, vers la lumière. L'Église catholique n'aura dès lors plus d'influence sur mon parcours.
L'Initiation Littéraire
Une dizaine d'années plus tard, devenu adolescent à Paris (près de la place de la Nation), je me suis retrouvé face à un présentoir de la collection « L'aventure mystérieuse ».
Le moment du choix fut presque rituel. Hésitant longuement entre deux titres — « Mu, le continent perdu » de James Churchward et « Le troisième œil » de Lobsang Rampa — j'ai fini par choisir ce dernier.
L'attrait fut immédiat et total. Dans un style captivant, Le Troisième Œil présentait simplement des notions complexes comme le karma, la réincarnation et les corps subtils. Surtout, l'ouvrage reliait ces concepts à une éthique simple : « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse. »
Captivé, je dévorai tous les ouvrages de Rampa. Cependant, de nature timide, mes tentatives de partager cette passion avec mes amis furent accueillies par l'étonnement, l'indifférence ou les moqueries. La quête de soi restait une voie solitaire.
3. UNE RENCONTRE DÉTERMINANTE : La Leçon de l'Émotion
En 1969, en classe de cinquième, j'ai fait une rencontre essentielle : celle de Philippe. Calme, posé et plus mûr que nos autres condisciples, sa présence rassurante m'a immédiatement attiré. J'ai osé lui parler de mes lectures; il s'est montré intéressé, puis enthousiaste. Une amitié solide s'est nouée, centrée autour de l'œuvre de Rampa et de la découverte mutuelle de la musique classique. Cette relation a permis d'ancrer solidement mon inclination pour la spiritualité dans une conscience partagée.
Pourtant, cinq années plus tard, cette amitié a été rompue. À cette époque, ma notion de l'amitié était intransigeante, voulant y voir un modèle de perfection régi par des règles strictes. Un comportement de Philippe, en réalité une broutille, a provoqué une fêlure dans cet idéal. Incapable de résister à la déception, la conscience émotionnelle a obnubilé mon jugement, me poussant à cesser unilatéralement la relation.
Ce fut, sans que je le réalise alors, ma première confrontation d'importance avec la conscience émotionnelle comme entrave fondamentale à la connaissance de soi. J'ai découvert la puissance des ravages occasionnés par l'émotion mal maîtrisée, une prise de recul qui deviendra, bien plus tard, la pierre angulaire de ma démarche. Si la spiritualité facilite l'accès à la connaissance de soi, cette rupture m'a révélé l'obstacle intérieur qui m'en séparait.
4. LE RETOUR AUX SOURCES : L'expérience personnelle
En 1983, un ami me proposa d’intégrer un cours de yoga.
Il peut paraître étonnant que cette voie, essentielle à la spiritualité orientale, n'ait pas été empruntée plus tôt. J'en avais été dissuadé par les avertissements de Rampa dans ses livres, qui déconseillait le yoga (inadapté aux articulations occidentales) et le régime végétarien (car « nous ne sommes pas des ruminants »).
Ces avertissements malavisés m'éloignèrent de cette pratique jusqu'en 1983, et du végétarisme (adopté après m'être informé) jusqu'en 1984.
La leçon tirée fut celle qu'enseignait le Bouddha il y a 2 500 ans : « Ne croyez à rien sur la seule autorité de vos aînés ou de vos instructeurs, mais ce que vous avez vous-même éprouvé, expérimenté et reconnu pour vrai. »
Cependant, je me dois d'ajouter un préalable essentiel : l'expérience seule peut être trompeuse et mener à l'égarement si elle est filtrée par la conscience ordinaire. Pour une véritable connaissance de soi, il faut atteindre une capacité de discrimination importante. Dès ce stade, l'attention et la vigilance devinrent des priorités pour bannir les égarements, mais surtout les certitudes qui, elles, reposent bien souvent sur des fondations mouvantes.
Une nouvelle étape est franchie : le parcours est désormais sur les rails de l'expérimentation concrète.
5. L’ÉCHEC DU MENTAL RIGIDE FACE À L’ÉCOUTE DU CORPS
Les effets de ce nouveau mode de vie furent radicaux : j'ai perdu 20 kilos (43 kilos pour 1,65 m).
Comment cela a-t-il pu se produire ? La situation se résume par cette leçon : « Excès de bien peut nuire. »
Engagé de façon immodérée dans la pratique du yoga, mon mental s'est arc-bouté sur une discipline rigide. L'idée était que, pour atteindre une transcendance promise, le corps devait se plier à cette exigence, réduisant par la même occasion l'absorption des aliments.
Or, le corps n'en fit qu'à sa tête. Cette expérience m'a révélé l'erreur fondamentale du mental rigide : vouloir imposer sa volonté sans écouter la réalité physique. C'est ici qu'a émergé une grande leçon : l'humilité face à l'expression corporelle est indispensable. Le mental doit être l'allié, et non le tyran.
6. DE NOMBREUSES VOIES : La fin de la quête extérieure (1985-2008)
Cette période fut celle de l'exploration boulimique. J'ai cherché la vérité en multipliant les voies, comme une tentative de patchwork spirituel :
Stages intensifs de yoga (Sivananda).
Fréquentation de la mission Ramakrishna.
Retraites dans un monastère chrétien, en méditation Zen, et en centre bouddhiste tibétain.
Lecture des enseignements de Krishnamurti.
Fréquentation d’un centre spirite.
La diversité de ces traditions répondait à la quête d'une figure tutélaire inspirant confiance et à la recherche de réponses sur ma nature profonde. Ce « sautillement » constant s'expliquait par deux critères de transition : la voie empruntée ne me convenait pas, ou je ressentais une défiance envers la personne qui l'incarnait.
Le tournant de Krishnamurti.
La lecture des enseignements de Jiddu Krishnamurti fut salutaire. Souvent qualifié de « pays sans chemin », son message est une invitation radicale à l'auto-libération de toute forme d'autorité extérieure. Il refusait les systèmes, les méthodes et les disciples, estimant que suivre une voie créait un nouveau conditionnement.
L'expérience déterminante.
Après avoir cheminé par des voies traditionnelles et avoir été invité à les rejeter (Krishnamurti), mon détour vers le spiritisme peut paraître illogique. Il fut pourtant essentiel, initié par la simple curiosité à la suite d'une conversation.
Ce fut dans ce centre que j'eus ma seconde confrontation majeure avec la conscience émotionnelle. Au-delà d'une simple expérience, cette rencontre provoqua une perception plus intense des effets dévastateurs des émotions.
Ce choc émotionnel a déclenché un changement de conscience profond. Il a eu deux conséquences immédiates : d'une part, une rupture définitive avec les pratiques spirituelles classiques et les autorités extérieures ; d'autre part, l'émergence d'un nouveau niveau de conscience coïncidant avec la réception intuitive de textes centrés sur cette thématique. La quête extérieure était terminée ; le voyage intérieur pouvait commencer.
7. LE CHANGEMENT RADICAL : UN CHEMINEMENT PERSONNEL (Depuis 2008)
Ce processus, amorcé fin 2008 et toujours en cours, est un voyage intérieur centré sur deux piliers : la gestion des émotions et l'écriture de textes intuitifs.
7.1. Le Lâcher-Prise
Face à un afflux d'émotions, le lâcher-prise est devenu une nécessité. La solution fut trouvée dans le pranayama (la maîtrise du souffle, technique de yoga). Ces exercices ont permis d'apaiser le mental, de réduire le stress et d'agir sur le système nerveux. Le lâcher-prise s'est étendu de la sphère émotionnelle à tous les questionnements personnels.
7.2. L’Écriture intuitive (2008-2013)
S'ensuivit une collecte régulière de « textes intuitifs » durant cinq années. Ils s'articulaient autour de la conscience et du modèle sociétal (cheminement de la pensée, rôle de la mémoire, place des émotions, etc.).
L’Amorce et l’Évolution du Processus :
Ce processus s'est manifesté d'abord lors de promenades, où des réponses spontanées à des questions émergeaient sous forme d'intuitions (les balades intuitives). Rapidement, ces « réponses spontanées » ont pu apparaître à tout moment et en tout lieu, mais toujours en l'absence d'autrui. Ces intuitions ne sont jamais venues interrompre une conversation, bien que certaines discussions aient pu servir d'inspiration, le texte intuitif correspondant à la réponse découlant plus tard.
7.3. La Structure du Texte
Fait remarquable, les idées se présentent de manière organisée, comme le résultat d'un travail de recherche, mais le sujet s'impose de lui-même. Le tout se déploie à partir d'une connaissance de soi vécue au quotidien. Ces idées ne sont pas dictées par une « voix intérieure » ; la prise de notes est immédiate, sans artifice d'écriture automatique.
7.4. La Méthode d’Écriture
Le processus de finalisation se déroule en quatre étapes :
- Réception intuitive du texte : L'idée émerge spontanément.
- Prise de notes immédiate : L'idée est notée sur un carnet.
- Recherches : Si le sujet touche à des connaissances précises (comme les neurosciences, par exemple), une recherche est menée pour approfondir et assurer l'exactitude.
- Rédaction finale : Le texte est mis en forme définitive.
8. UNE TENTATIVE D’EXPLICATION DE CE PROCESSUS
8.1. Introduction : la trajectoire personnelle
L'existence est une suite de choix, fixant le cadre de notre trajectoire. Après un long cheminement, on s'arrête parfois pour observer le panorama et se dire : « Quel chemin parcouru ! Jamais je n’aurais cru pouvoir parvenir jusqu’ici ! »
Pour illustrer la complexité de cette progression, on peut imaginer l'arbre des choix : à chaque carrefour de notre vie, deux branches divergentes symbolisent une décision, et ainsi de suite. L'observateur se focalise sur l'étape actuelle, ignorant les multiples bifurcations et circonstances qui ont rendu cela possible.
Objectivement, le point de départ de ma recherche fut l'apaisement du joug de la conscience émotionnelle (notre champ des possibles) suite à deux confrontations majeures.
8.2. Le paradoxe de la compréhension
Toute thématique, y compris la connaissance de soi, suppose une compréhension initiale, impliquant le mental (réflexion, raisonnement).
Cependant, la connaissance de soi est un domaine d'exception. En elle-même, elle est unique par sa nature — ce qui subsiste lorsque le voile des apparences tombe, c'est l'Unité.
C'est ce que révèlent toutes les traditions : de nombreux chemins mènent à la connaissance de soi, mais ces chemins ne sont pas cette connaissance.
8.3. La Connaissance de Soi : au-delà de l'intellect
Contrairement à l'apprentissage d'une technique qui passe par l'intellect, la connaissance de soi suppose la compréhension, mais agit essentiellement sur la conscience émotionnelle, qui se rebelle facilement.
L'approche par l'attention et la respiration consciente est simple car elle repose sur des capacités inhérentes à l'être humain. Cependant, la simplicité ne signifie pas l'aisance. Ces techniques se pratiquent dans l'instant, mais la difficulté majeure est la persistance. C'est pourquoi la volonté est une phase que l'on ne peut exclure.
8.4. Les Prédispositions et la Finalité
Les prédispositions existent indubitablement. Mais nous y arrêter, c'est tomber dans l'expression de la conscience ordinaire (réflexion, émotion), ce que nous cherchons précisément à éviter.
Qu'importe l'origine de ces facilités ! Ne les prenons pas en considération. Soyons simplement présents dans ce que nous faisons. L'important, c'est la finalité : cela peut-il aider d'autres personnes ? Et dans l'affirmative, le partager.