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14/04/2012

46. Convictions spirituelles et comportements aberrants

     Texte lu



     Est-il possible de se réclamer d’une religion, de suivre une voie spirituelle, et de se comporter violemment au quotidien, que ce soit en pensées, en paroles ou en actions ?
     Malheureusement oui. De façon globale, il suffit de mettre en parallèle la violence qui sévit dans le monde, toutes les violences, notamment celle qui naît de l’indifférence et de l’égoïsme, acceptant sans broncher la misère endémique qui sévit sur l’ensemble des continents, et la statistique onusienne affirmant que plus de 80 % de la population mondiale affiche une croyance spirituelle.
     Et n’invoquons même pas toutes les exactions, les abominations et les tortures commises par le passé au nom de la religion : croisades, Inquisition...

     Mais laissons là les grands nombres, bien qu’ils hurlent une réalité dramatique, épouvantable, pour s’intéresser à la conduite individuelle, dont la somme, ne l’oublions pas, définit complètement la façon d’être de l’humanité.
     Comment peut-on à la fois développer des convictions religieuses ou spirituelles fermes, et manifester de la violence au quotidien, à l’origine de nombreuses souffrances envers autrui ?
     Cela paraît effectivement illogique, insensé, absurde !
     En effet, l’engagement spirituel doit normalement transformer la nature psychique de l’être impliqué dans cette voie, l’incliner vers le bien.

     Fondée en théorie, cette idée se heurte en pratique à l’expression habituelle des niveaux de conscience : l’émotionnel et l’intellect.
     En elle-même la conviction spirituelle, si vaste soit-elle, s’exprime d’abord par une pensée, une parmi d’autres dans ces vastes réservoirs  que constituent les consciences émotionnelle et intellectuelle. Ainsi, peut-on émettre l’hypothèse que la manifestation du religieux ne découle pas seulement des pensées qui s’y rattachent objectivement (description impartiale du comportement attendu des personnes ayant choisi cette voie particulière), mais d’une pensée résultante propre à chaque individu.
     Dans la conscience, tout devient possible, et des rapprochements inattendus, voire carrément invraisemblables peuvent éclore à chaque instant.

     Deux exemples :
    
§         être à l’origine d’actes destructeurs, mais convaincu, à terme, d’agir pour le bien ;

§         subir l’influence d’un entourage proche, auquel on accorde toute confiance, et qui nourrit notre émotionnel ; 

     Que déduire de cela ?

     Que les pensées et les mots qui les décrivent, si sublimes soient-ils, ne valent que par l’expression des êtres. La conscience, et elle seule, détient le fin mot de l’histoire.

     

13/04/2012

47. « Un dialogue entre amis » est-il difficile à comprendre ?

     Texte lu



     L’essentiel du message contenu dans le texte : « Un dialogue entre amis », qui se rapporte à la façon d’aborder un changement de niveau de conscience, est-il accessible ?
     Que voici un exercice de style périlleux : juger de la difficulté d’un texte que l’on a écrit. Mais la question doit être posée, alors tentons une réponse.

     Dans cette perspective, la moindre des choses consiste à recueillir l’avis de personnes ayant pris connaissance du texte et pratiqué les exercices proposés. De ces témoignages ressortent les enseignements suivants : il convient de distinguer la forme et le fond.

     La présentation et l’expression, un dialogue entre amis, en facilitent l’accès et la compréhension.
     Le fond, plus étoffé, montre deux aspects d’approche contrastée :

§         le descriptif : approche théorique, exemples ou exercices pratiques, effets attendus ;

§         la perception personnelle durant la pratique...et après !


     A priori, pas trop de difficultés concernant la « prise en main » des exercices, et de leurs répercussions prévisibles.
     D’où peut donc surgir la complexité ? Des résistances et des entraves qui ne manqueraient pas de s’installer dans le contexte sociétal  où nous sommes plongés. On distinguera donc : la résistance interne et l’entrave externe.

     Le premier obstacle peut se décliner en deux voies distinctes :

§         La régularité et la persévérance que le changement de niveau de conscience nécessite pour qu’il s’inscrive dans la durée, et avant qu’il ne devienne une seconde nature.

§         Les effets induits en surface : cette nouvelle façon d’être peut laisser entrevoir la véritable liberté à laquelle notre éducation et les valeurs qu’on nous a inculquées ne nous ont pas préparées. La peur de « marcher trop près du bord », cette frontière entre le monde que l’on s’apprête à quitter et celui que la conscience nouvelle nous incite à rejoindre.

     La seconde difficulté se lit dans notre rapport aux autres, tout spécialement l’entourage proche :

§         Peut-il comprendre et accepter le changement qu’il observe en nous au quotidien. Dans la négative, un conflit peut naître, stimulant fortement la conscience émotionnelle et susceptible de compromettre le développement esquissé.
      
     L’interaction des consciences est la règle, il convient de l’intégrer lorsque nous nous engageons dans une démarche évolutive ; et si le premier pas est fondamental, il ne suffit pas !


12/04/2012

48. Rendre la conscience accueillante !

     Texte lu



     Disposant d’un lieu pour séjourner, que l’on soit locataire ou propriétaire, qu’il s’agisse d’un appartement modeste ou d’une demeure somptueuse, il semble naturel de l’entretenir, d’en prendre soin, de rendre cet espace accueillant.
     Après tout, nous y passerons l’essentiel de notre existence, et même en cas de mobilité, de déménagement, le principe énoncé subsiste.
     Et si nous aménageons convenablement les lieux, les résidents et les hôtes conviés apprécieront à leur juste valeur l’ambiance chaleureuse et le confort, nous aurons ainsi fait pour le mieux.

     Un texte précédent (§ 37. La conscience, rien que la conscience) indiquait que : « Nous vivions dans notre conscience », ce que l’on peut décliner ainsi : nous « habitons » dans notre conscience avant de « résider » dans un emplacement, quel qu’il soit.
     Alors, cette volonté, ce soin, cette énergie que nous déployons pour embellir une habitation, ne pourrions-nous pas au préalable les consacrer à notre conscience qui, bien plus qu’une propriété si spacieuse et luxueuse soit-elle, fait bien plus que nous accompagner durant toute notre existence, car nous sommes « ELLE » !
        
     Mais malheureusement, il est fréquent qu’on ne lui accorde guère d’attention.
     Alors, essayons de reconsidérer la situation, de réviser les priorités. Comment cela ? En agissant avec elle comme nous le faisons  pour notre lieu de résidence : entretenons et aménageons notre conscience pour qu’elle puisse exprimer naturellement la tranquillité, la douceur, la bienveillance, l’attention, et qu’elle reçoive ainsi chaleureusement et dignement les « hôtes ». Tous les hôtes, à demeure ou de passage !


     

11/04/2012

49. Complément sur la respiration consciente

     Texte lu



     Dans le chapitre 3.3.2 de « Un dialogue entre amis » consacré à la respiration consciente, une aide pour parvenir à l’attention, il est préconisé de débuter en position couchée.
     La raison invoquée concerne l’immobilité du corps. En effet, une fois celui-ci stabilisé, il paraît plus facile de fixer l’attention sur la respiration, d’en suivre les mouvements et de l’accompagner consciemment.

     Cette situation reflète la posture idéale, mais en est-il toujours ainsi ?
     Il arrive qu’un corps maintenu immobile finisse par « s’exprimer » de différentes façons : mouvements involontaires (tics), démangeaisons, inconfort localisé...

     Qu’en est-il, et comment agir ?
     Il convient tout d’abord de distinguer, parmi ces manifestations, celles qui révèlent un véritable inconfort physique, de celles qui traduisent en langage corporel l’expression de pensées parasites. Ces dernières peuvent être très tenaces, utilisant tous les modes possibles pour s’affirmer.
     Cependant, il faut bien convenir que cette séparation n’est pas évidente, alors que faire ?

§         Laisser les mouvements involontaires se produire, frotter doucement les parties irritées (démangeaisons) si cela devient contraignant, bouger légèrement pour dissiper un inconfort.

§         S’attacher à l’essentiel : la recherche du calme et de la stabilité mentale ; les efforts désespérés pour maintenir l’immobilité du corps ne doivent pas se faire aux dépens de cette résolution.

§         Au besoin, quitter la posture allongée et opter pour une respiration consciente en situation légèrement dynamique : une marche tranquille, par exemple.
    
     A terme, la pratique régulière finira bien par atténuer, voire supprimer ces « démonstrations » corporelles intempestives, une façon objective de remarquer les progrès réalisés.

10/04/2012

50. Qui dit cela ?

     Texte lu



     Le plus souvent, lorsque nous consentons à  écouter des conseils d’ordre psychologiques ou comportementaux, ils émanent de personnes que nous respectons, et dont nous estimons qu’elles sont en position de le faire.

     Cela correspond à une description subjective de la situation, prenons un peu de recul et tentons de la placer dans un contexte objectif.
     Là, nous sommes en capacité de percevoir que l’essentiel réside dans la pertinence des suggestions, non dans le « messager ». Des pépites peuvent se trouver enserrées dans une gangue boueuse.
     Ne retenir que les avis, en remercier la personne qui les dispense, les étudier pour une application possible, tout cela permet de réaliser d’emblée un travail intérieur, d’aborder, puis d’avancer dans la connaissance de soi.
     

09/04/2012

51. L’omniprésence

     Texte lu



     Cela se passe au Bois de Vincennes, mais pourrait se dérouler dans tout autre espace vert, véritable enclave bienfaisante dans ces structures d’asphalte, d’acier, de verre et de béton que sont devenus les grandes métropoles.
     Par une belle journée d’été, à la température douce et clémente, au vent qui se décline en une brise bienfaisante, les couleurs paraissent vivantes et vibrantes lorsque l’on s’attarde à les contempler.
     Un ciel bleu lumineux, dépourvu de nuages, éclaire magnifiquement la cime foisonnante des arbres qui entourent le lac. Et lorsque le regard se promène alentour, il trouve la présence apaisante des pelouses.
     Tout cela s’accorde à faire oublier que cette nature doit beaucoup à l’intervention humaine, conception, aménagements, entretien...Mais qu’importe, il nous reste la faculté de communier avec elle.

     Autour  du lac, un certain nombre de personnes marchent ou s’adonnent à  la course, venant oublier ici les affres de la ville, si proche, et se libérer des tensions que le stress accumule scrupuleusement et méthodiquement.
    Tout semble donc aller pour le mieux, l’esprit et le corps trouvent ici la régénération nécessaire à leur équilibre.
     Mais si l’on observe plus attentivement cette scène, notamment les coureurs, on constate que la plupart sont équipés de  baladeurs qui cernent leurs oreilles. En affinant l’examen, on constate que de nombreux regards demeurent dans le vague, ne conservant qu’un champ de vision réduit à l’essentiel : les quelques mètres à l’avant des foulées, dessinant la trajectoire suivie.

     L’omniprésence, c’est celle des appareils qui diffusent toutes sortes de sons dans les oreilles ! Toutes, excepté le chant des oiseaux.

     Ici aussi, dans ce havre préservé, il ne faut pas se trouver seul face à ses propres pensées. Et comme le mental n’est pas affairé par ses occupations habituelles, elles abondent et redoublent d’intensité. Alors la technique y remédie, prompt à les reléguer au second plan par une barrière a priori étanche entre elles et ce déluge de sons familiers.

     Ce faisant, cette pratique éloigne l’attitude naturelle que l’on peut adopter en la circonstance : profiter de l’environnement bienfaisant pour déployer son attention, ce fruit remarquable de la conscience capable d’instaurer une paix véritable et durable.

     

08/04/2012

52. Un révélateur de l’ego

     Texte lu



     La plupart des langues permettent une distinction lorsque l’on s’adresse à d’autres personnes, ce que l’on désigne par tutoiement et vouvoiement. La première façon est normalement réservée aux relations familières, tandis que la seconde indique une certaine distance ou une considération.

     Imaginons maintenant les deux scènes suivantes :

§         Deux personnes s’insultent copieusement tout en conservant la distance du vouvoiement.

§         Dans la rue, une personne d’un certain âge est abordée en ces termes par un adolescent : « Bonjour. S’il te plaît, pourrais-tu m’indiquer où se trouve la rue... »

     Malgré l’absence d’une once d’agression dans cette demande, appuyée par la manière douce et bienveillante du jeune qui s’enquiert de son chemin, la requête formulée ainsi sera souvent considérée comme plus dérangeante, moins acceptable que la dispute qui respecte les conventions  de langage !

     Cela semble paradoxal, et pourtant...
     Pour expliquer cette attitude, il convient de mettre en perspective des années de conditionnement sur ce qu’une relation verbale peut contenir ou non, sur le respect des codes établis.
     Ici, le tutoiement qui mesure la nature du lien entre les personnes n’a pas sa place, il est ressenti comme un manque de respect, une offense. Alors la conscience émotionnelle s’en empare, et l’on devine la suite !

               Cela tient à peu de chose quand on y pense. Quand on y pense, oui !...