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14/02/2012

106. Affirmation de soi ou connaissance de soi ?

          Texte lu



     Dans une chambre d’hôpital. Avec la sonnette à disposition, l’homme appelle afin que l’on puisse aider son épouse alitée. Une personne se présente, prend note de la demande et dit : « Je reviens avec le nécessaire. » Après un certain temps, le mari appelle de nouveau, et voit l’aide-soignant revenir avec le matériel de soin pour accomplir sa tâche.
     Alors une altercation s’engage. Le mari reproche le temps mis pour intervenir et s’entend répondre : « Je vous avais dit que je devais d’abord chercher le matériel. » Cet échange, basé sur l’incompréhension, frôle l’altercation, puis s’estompe.
     Rapportant l’anecdote, le mari déclare : « Je suis resté poli, mais ferme. Il faut, de temps à autre, rappeler aux personnes ce qu’elles doivent faire. Etre gentil, à un moment donné, ne sert plus à rien, sinon de se faire berner. » Puis il rajoute : « Je sais ce que tu vas me dire, mais moi je ne recherche pas les sphères de plénitude éthérées, j’estime qu’il faut dire ce qu’on a à dire quand c’est nécessaire. »

     Beaucoup d’éléments dans cette proclamation, voyons ce qu’il est possible d’en retenir. Mais d’abord, les faits.
     Le préposé aux soins avait signalé qu’il lui fallait, au préalable, chercher le matériel nécessaire. Etre attentif à ce moment-là aurait pu éviter le comportement provoquant l’altercation. Mais la conscience fonctionnait sur le mode émotionnel, privilégiant l’affirmation de soi, une posture dictant la teneur des propos.

§         «Il faut, de temps à autre, rappeler aux personnes ce qu’elles doivent faire. » : nous voici plongé au cœur du modèle sociétal privilégiant le contexte social au détriment de la relation de conscience à conscience. Cela ne signifie pas qu’il faille tout accepter, mais user de l’attention pour étayer la compréhension des événements, s’exprimer à l’être et non au statut social.

§         « Etre gentil, à un moment donné, ne sert plus à rien, sinon de se faire berner. » : évocation de souvenirs douloureux lorsque l’on s’essayait, en vain, à la gentillesse ? Un processus typique du principe d’action et de réaction : je tente la gentillesse (action) pour obtenir quelque chose en échange (réaction), et reste obnubilé par  l’échec : il ne faut plus être gentil !

§          « Je ne recherche pas les sphères de plénitude éthérées. » : allusion et représentation à celui qui essaye simplement d’être attentif au quotidien. Il est vrai que comparé au comportement habituel, cela donne l’impression de venir d’une autre planète !

     Mais revenons à l’aspiration citée, correspond-elle à la réalité des faits ? L’attention convoite-t-elle des sphères éthérées ?
     Certainement pas. Par contre elle constitue une voie royale pour délaisser l’affirmation de soi à la faveur de la connaissance de soi. Restons sur l’exemple proposé.
     Engagés dans un échange conflictuel, et si possible avant que cela ne se produise pour disposer d’un temps de réflexion, il paraît salutaire de se poser la question : « Que puis-je apprendre de cette situation ? », et si l’on accepte d’examiner les réponses en toute objectivité, elles nous offriront bien souvent une opportunité pour changer, s’améliorer, évoluer. On peut s’interroger notamment sur notre implication personnelle dans ce  conflit, et comment aurait-il été possible de l’éviter.

     Il ne s’agit pas d’un acte de résignation ou de soumission, il faut développer une grande force intérieure pour exprimer posément, et avec bienveillance, ce qui doit être dit. Cette voie, abrupte mais riche de sens, mène à la connaissance de soi.

13/02/2012

107. La souffrance, une obligation pour progresser ?

          Texte lu



     A l’exception du bouddhisme, la souffrance occupe souvent une place de choix dans les doctrines religieuses et spirituelles pour se purifier, permettant ainsi à l’esprit d’évoluer.
     L’image du minerai de fer que l’on chauffe, porte au rouge, et liquéfie afin de le débarrasser de ses scories et le couler dans un moule pour lui donner une forme parfaite, décrit bien l’analogie.
     S’inspirant du bouddhisme qui délaisse toute forme d’ascétisme et privilégie la voie du milieu, il semble intéressant d’aborder une réflexion sur le thème : « évolution et souffrance ».

     Adoptons le principe d’une conscience non locale engagée dans une voie évolutive.
     Dans cette perspective, elle doit accroître ses connaissances. Pour cela, elle acquiert de l’expérience en vivant diverses situations, mais aussi par l’observation et la réflexion. Toutes ces notions sont acquises dès lors que la compréhension se manifeste pleinement.
     Quelles peuvent être les voies envisageables pour accéder à cette compréhension ?
     Comme il fut dit, l’étude, la réflexion, complétées par la connaissance de soi.
     La « route de l’existence » n’est-elle pas semblable aux voies de circulation où des panneaux indicateurs avertissent des dangers et précisent la conduite à tenir ? Disposant de ces informations, le libre arbitre autorise différents comportements :

§         respecter les indications et adapter sa conduite ;

§         les ignorer ;

§         braver volontairement les avertissements et augmenter la prise de risque.

     Les « accidents » qui peuvent survenir s’accompagnent de souffrance. Celle-ci résulte fréquemment de notre façon d’être, notamment lorsque l’on privilégie l’entêtement face à l’écoute et l’adaptation.
     Bien sûr, on peut souffrir en subissant des agressions psychologiques ou physiques pour lesquelles nous n’étions pas impliqués personnellement, cela reflète le niveau de conscience global de l’humanité, émanant  essentiellement de la conscience émotionnelle.

     Dans le cadre évolutif de la conscience, on peut émettre l’hypothèse qu’il existe de nombreuses voies d’avancement où la souffrance demeure inconnue.
     Délaissant l’aspect spirituel, revenant à la condition d’être « biologique pensant », pourquoi ne pas adopter dès maintenant une attitude appropriée, de faire comme si ? Comment cela ?

§         En recherchant la compréhension plutôt que l’obstination ;

§         en choisissant de s’adapter lorsque celle-ci se manifeste ;

§         en renonçant au jugement à l’égard d’autrui.


     Si, maintenant un certain degré d’attention, nous pouvons réaliser cela ici et maintenant, le niveau de conscience atteint devrait perdurer et continuer de s’exercer dans son cheminement évolutif.

12/02/2012

108. L’ancêtre des jeux vidéo

          Texte lu



     Vous souvenez-vous de ce jeu vidéo installé sur les premiers ordinateurs personnels ? Mais oui, le jeu de ping-pong symbolisé par un carré (la balle) circulant entre deux traits verticaux (les raquettes) que l’on pouvait mouvoir pour empêcher le carré de passer. Eh bien il est possible d’y relier des niveaux de conscience, étonnant non ?

     L’espace entre les deux barres verticales où évolue le carré représente  la conscience ordinaire, conditionnée par l’éducation, la culture, le modèle sociétal. Dans cet archétype, si le carré franchit l’un des traits, c’est perdu !

     Etre attentif permet de se déplacer où l’on souhaite, éventuellement hors du cadre imposé, en étant gagnant.


     Et l’on gagne quoi ? L’expérience d’un changement de niveau de conscience.

11/02/2012

109. Concentration ou attention

          Texte lu



     On doit s’acquitter d’une tâche très importante que la moindre erreur compromettrait. Sa réalisation, une succession d’opérations simples, ne pose aucune difficulté particulière, mais toutes nécessitent d’être accomplies rigoureusement, sans la moindre défaillance. Alors, on aborde chacune d’elles avec une concentration maximum.
     Et l’impensable, l’inadmissible, l’erreur tant redoutée se produit ! La tension mentale exercée contenait en elle les peurs inconscientes appréhendées, les conséquences de l’échec.
    

     On pouvait choisir d’être simplement attentif à ce que l’on faisait, d’oeuvrer ainsi naturellement, dépourvu de tension mentale, mais éminemment présent dans l’action. 

10/02/2012

110. Matière et conscience

          Texte lu



     Depuis fort longtemps, la nature de la matière intriguait les esprits fertiles : de quoi est-elle faite ? Peut-on la réduire indéfiniment ?
     Dans la Grèce Antique, où l’ensemble des connaissances pouvait être rassemblé en quelques thèmes de réflexion, les philosophes s’intéressèrent et s’emparèrent de cette question.
     La théorie atomiste (atome : du grec « atomos », signifiant qu’on ne peut diviser) fut introduite par Leucippe et développée par son disciple Héraclite : la matière est constituée de grains ultimes, les atomes, reliés entre eux par de petits crochets. (D’où l’expression : « avoir des atomes crochus avec quelqu’un » : éprouver de la sympathie pour cette personne.)
     Mais cette idée, invalidant la continuité et instaurant le vide (l’espace entre les atomes), déplut souverainement à la majorité des penseurs, fidèles à la théorie des « Quatre éléments » (la Terre, l’Eau, l’Air et le Feu, constituants premiers de toutes les formes de matière) et au principe érigé par Aristote : « la nature a horreur du vide ».

     Les quatre éléments résistèrent durant des siècles avant que la théorie atomiste ne réapparaisse timidement (alchimie, chimie, Dalton...), puis finisse, non sans mal, par s’imposer triomphalement. Mais il fallut attendre 1905, avec un article d’Albert Einstein expliquant le mouvement brownien (agitation désordonnée de particules en suspension dans un liquide), et la confirmation expérimentale par Jean Perrin en 1908 pour valider l’existence des atomes.

     L’atome consacra une étape remarquable dans la structure de la matière, mais en constitua les prémisses après l’exploration qui s’ensuivit, et dont voici quelques éléments remarquables.

§         Il porte mal son nom :

Ø      Il n’est pas indivisible, mais composé d’un noyau entouré d’un nuage d’électrons.

Ø      Le noyau possède deux sortes de particules (les nucléons) : protons et neutrons.

Ø      Enfin, chaque nucléon est formé de trois quarks (particules élémentaires de la matière, dans l’état actuel des connaissances).

§         Il est constitué essentiellement de vide :

Ø      La taille du noyau est 100 000 fois plus petite que celle de l’atome.

Ø      Mais 99,97 % de sa masse totale est concentrée dans le noyau.

§         Masse et matière, à priori indissociables, et pourtant :

Ø      Les quarks s’avèrent donc les constituants ultimes de la matière.

Ø      Mais si l’on disposait sur une « balance » : un nucléon (proton ou neutron) dans le plateau de gauche, et ses trois quarks dans le plateau de droite, ce dernier s’élèverait rapidement, ne recueillant que 1 % de la masse totale !

Ø      Et que représente les 99 % restant ? De l’énergie qui, selon la célèbre formule d’Einstein : E = mc² (ou : m = E/c²) possède une équivalence en masse.

     Ainsi se manifeste la substance de la matière. Pourtant, ce que l’on voit, expérimente, ressent à son contact nous affirme le contraire, nous rassurant au passage sur la nature de notre être et celle du monde environnant : c’est du solide tout cela !

     Et s’il en était de même pour la conscience ?
     Cette conscience que l’on croît si bien connaître la veille, prend ses distances durant les rêves, mais nous échappe totalement dans les phases de sommeil profond.
     En fait, nous n’en percevons qu’une perspective reflétant les activités et relations exercées dans un contexte donné, des scènes diverses projetées sur un écran dont nous ignorons la nature et l’origine.
     S’inspirant des pionniers de l’atome pour la matière, pourquoi ne pas s’aventurer et débusquer la conscience, l’observer véritablement ?
     Pour mieux connaître la constitution de la matière, il aura fallu : déployer tout un arsenal théorique (modèle standard de la physique des particules), maîtriser la physique quantique, et concevoir des technologies de pointe (accélérateurs et collisionneurs de particules).

     Afin d’appréhender la conscience, on peut simplement emprunter la voie de l’attention, préexistante en soi. Pourquoi, et comment ne pas tenter l’aventure ?

09/02/2012

111. Des expériences de conscience, simplement

     111.  Des expériences de conscience, simplement




     A l’origine s’établit la conscience, unique, et pourtant si différente ; singulière par sa nature reliant chaque être, mais distincte à travers les expériences accomplies. De cette séparation naissent l’appréciation et le jugement qui l’accentuent plus encore.
    
          Parti d’un tronc unique (la conscience), et mû par la résultante d’un ensemble de forces intentionnelles, machinales ou contraintes, on s’achemine progressivement vers la multiplicité et la différenciation symbolisées par le foisonnement des branchages.
     Pourquoi cela ? Et peut-on réintégrer la source une fois les dernières tiges atteintes ?

     La prolifération repose sur deux éléments : l’ensemble des situations possibles afférentes aux activités humaines, et le vécu particulier teintant l’expérience d’une touche personnelle. Ainsi, plus l’on s’avance dans l’individualité, plus la séparation s’instaure et s’impose, éloignant toute velléité unificatrice.

     Est-ce rédhibitoire ? Sommes-nous en présence d’un liquide qui, se colorant par la diffusion de quelques gouttes de teinture, se voit empêcher par la flèche du temps de retrouver son aspect initial ?
     Essayons une hypothèse hardie : en elle-même, une expérience de conscience est neutre.
     Cela surprend, incitant même au comble du paradoxe, mais voyons plus avant.
     L’expérience acquiert sa « saveur » lorsque la conscience ordinaire s’en empare : la réflexion l’estime selon des critères socio-éducatifs, et l’émotionnel rajoutant éventuellement des « épices ». L’ensemble élaborant le ressenti, l’appréciation.
     Cette lecture particulière, mais tellement commune et banale, privilégie l’expérience au détriment de ce qui la rend possible.

     Ce processus s’avère-t-il irrémédiable ? Sommes-nous contraints d’agir ainsi ?
     Non, une voie distincte s’offre à qui s’en donne la peine. Une voie ouvrant des perspectives d’unification, préservant ce lien indéfectible et privilégié avec la conscience.
     Cet autre niveau d’appréciation se manifeste lorsque l’attention s’affirme, qu’elle guide l’action, l’expurgeant de sa charge émotionnelle, de ses calculs.

     Abordées ainsi, les expériences de conscience mènent à la connaissance de soi, préludent à la compréhension et la compassion, des expressions naturelles de l’unification.

08/02/2012

112. Imaginons un monde

     112.  Imaginons un monde




     Pouvons-nous imaginer un monde où les relations ne seraient plus dictées par l’intérêt personnel et l’excitation émotionnelle, mais reposeraient sur la spontanéité, l’expression naturelle de conscience à conscience ? Pouvons-nous vraiment envisager cela ? Pourquoi pas, l’imagination repousse toutes les limites.
     Mais passer de l’idée à la pratique !
     Il n’existe pas ce monde vertueux, alors pourquoi moi ? Pourquoi partir en éclaireur ? Et surtout comment ?
     Pourquoi ? Parce que nous sommes un monde en nous-même, il commence par l’expression que nous lui donnons.

     Comment ? Par l’attention qui, dissipant toutes les limitations mentales, les projections erronées, les attachements vains, donnera réalité à ce monde.