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27/12/2011

155. La Lune et la conscience


Texte lu



Dans l’un des nombreux débats d’idées qui les opposaient, dont le thème portait sur la capacité de la physique à rendre compte de la réalité objective du monde, Albert Einstein dit à Niels Bohr : « Ne me dites pas que la Lune n’existe pas quand je ne la regarde pas ! »

Sans s’immiscer dans la joute oratoire  auxquels se livraient ces deux génies, que peut-on affirmer sur l’appréhension et la perception du monde par la conscience ?

Risquons-nous à cette hypothèse : pour une conscience donnée, fonctionnant normalement, la Lune, ou tout autre concept, existe dès l’instant qu’elle s’en empare par les sens ou la pensée.
Il s’agit ici de la nature subjective des éléments, et non de leur caractère réel, éliminant toute interaction.

On peut donc poursuivre en déclarant que tout existe par elle, et pour elle : plus de conscience, plus d’expérience.

Mais alors, que peut-on rechercher ? Que pouvons-nous apprendre de cet état de fait ?

Qu’il importe de porter notre attention à la conscience elle-même, plutôt qu’à ses expressions, même lorsqu’elles émanent de ses plus sublimes créations.

N’y a-t-il pas contradiction entre le fait de privilégier la conscience à ses manifestations, dès lors où l’on s’engage à être attentif dans ce que l’on fait, donc à ses propres expériences ?

Pour comprendre cette subtilité, il convient de détailler plus avant ce processus :

L’attention, c’est le lien entre la conscience et l’expérience.

L’existence du lien implique celle de l’expérience.

Tout est expérience, même lorsque l’on ne fait rien, car la conscience demeure, et l’on peut simplement être attentif, sans but.

Donc, on peut maintenir l’attention dans ces moments particuliers où « l’on ne fait rien ». Ces instants s’avèrent même précieux, car si l’attention est présente, elle le sera d’autant plus facilement lorsque l’on agit, l’activité servant alors de support.

L’attention crée, immédiatement, un changement de niveau de conscience.

Ce changement ouvre la conscience à la connaissance de soi, ce que nous sommes intimement, profondément, ultimement.

Donc :  l'expérience est nécessaire, l'attention la relie à la conscience, et celle-ci, à l'origine de tout ce que nous sommes, livre ses potentialités.

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