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13/01/2012

138. Comment convaincre de suivre le bon chemin ?


Texte lu



« J’ai une question. »

« Oui. »

« Comment ferais-tu pour persuader une personne d’être attentive ? »
« Pourquoi la convertir ? »

« Convertir ? »

« J’emploie ce terme à dessein. »

« Pourquoi ? »

« Parce qu’au-delà de la conviction et de la persuasion, il possède une mémoire et une force attractive bien supérieures, et qu’il convient de ne pas appliquer de tels procédés pour amener des  personnes à consentir. »

« Mais pourtant, tu as écrit beaucoup sur la capacité de l’attention à changer le niveau de conscience, détaillant ses qualités et ses vertus ; et je n’évoque même pas tes conversations à ce sujet ! »

« Tu fais bien ! »

« Bon, reprenons. Donc, comment expliquer le fait, après tout ce que tu as dit sur les mérites de l’attention au quotidien, que tu ne veuilles pas développer des arguments afin de convaincre une personne de suivre cette voie ? »

« Une réponse en trois temps. »

« Cela me convient.

« Tout ce qui concerne l’attention, et qui se trouve contenu dans les différents textes présentés sur le « Blog » : « Vie, conscience et partage » résultent d’une expérience personnelle. »

« C’était le premier point. »

« Constatant les effets de cet état de conscience particulier au quotidien, la décision de le partager et de le présenter fut prise. »

« Le deuxième point. D’où le terme de « partage » dans le titre du « Blog ». »

« Tout à fait. »

« Et le dernier point ? »

« Le plus important : le libre arbitre. Chaque personne doit décider par elle-même si ce qui lui est présenté lui convient. »

« On ne doit pas insister si c’est pour son bien ? »

« Proposer et présenter des solutions, oui ; persévérer et persister, non. Chaque être est une conscience qui évolue à son rythme, le bon moment est celui qu’elle choisit elle-même. »


« Bon. Très bien. »



12/01/2012

139. Fais du bien à Bastien


Texte lu


« On m’a dit quelque chose... »

« Ah, c’est bien ! »

« Attends la suite. »

« Oui, oui, j’attends. »

« Voilà la phrase complète : « Fais du bien à Bastien, il te chie dans les mains ». »

« C’est bien, c’est frais ! »

« Mais encore, qu’en penses-tu ? »

« Ça rime ! »

« N'est-ce pas une correspondance, voire une confirmation que le modèle sociétal, dans lequel nous vivons, repose sur la conscience émotionnelle ? »

« En partie, oui. »

« En partie ? »

« Le sentiment exprimé par cette citation relève bien d’une réaction émotionnelle : après avoir agi pour aider une personne, celle-ci, non seulement n’est pas reconnaissante, et adopte une attitude méprisante en retour ; mais il convient de s’affranchir de cette dimension, bien prégnante dans le modèle sociétal ambiant, aussi est-il intéressant de comprendre pourquoi l’on retient particulièrement ce type d’attitude, et comment le dépasser. »

« Oui, pourquoi et comment ? »

« Parce que la plupart de nos actes relèvent du principe d’action et de réaction, notamment lorsqu’ils concernent une implication envers autrui : pourquoi aider cette personne ? Qu’est-ce que cela peut m’apporter en retour ? Alors l’incompréhension est forte quand le dédain s’affiche en guise de gratitude. Et c’est ici qu’intervient la conscience émotionnelle : cela s’imprime davantage dans la mémoire, s’avive promptement, et il n’y a qu’un pas pour faire de quelques exemples une généralité. »

« Bon, d’accord. Mais faisons comme si ces réactions s’avéraient banales. »

« Faisons comme si, quelle est la problématique ? »

« Comment ne pas être affecté par cette réaction négative lorsque l’on vient en aide auprès des personnes ? »

« C’est une excellente question ! »

« Je me remercie de l’avoir posée ! »

« Mais je t’en prie ! »

« J’attends la suite... »

« Pour bien comprendre cela, il conviendrait de le mettre en perspective, et considérer la nature multidimensionnelle de l’être humain. »

« La nature multidimensionnelle ? Tu veux parler des différents corps psychiques et subtils de l’être humain, tels qu’ils apparaissent dans de multiples traditions ésotériques ? »

« Nous n’aurons pas besoin de cela. Contentons-nous de notre nature psychique incarnée : elle est multidimensionnelle, même si nous l’ignorons : l’instinct, l’émotion, l’intellect, les structures essentielles qui se subdivisent en impressions multiples selon l’humeur et les circonstances. »

« D’accord, je vois. »

« Considérons l’approche réflexive : l’étude, par exemple de la morale et des vertus, nous incite à « faire du bien à Bastien », même si celui-ci, en réplique, nous gratifie de « ses excréments ». Il y a certes compréhension, mais elle demeure dans le champ de l’intellect. Qu’en sera-t-il dans l’expérience vécue ? Notamment lorsque la part émotionnelle surgira spontanément ? »

« On peut imaginer... »

« La personne se trouve dans un schéma classique d’action et de réaction : l’action consiste à oeuvrer pour le bien ; la réaction se produit lorsque le bénéficiaire réagit avec malveillance ; une lutte âpre survient alors quand l’émotion commence à submerger l’espace mental. »

« Que faire ? Ne pas aider Bastien ? »

« Changer de dimension, et pour cela, travailler en amont sur la conscience avant de s’engager dans le service à autrui. »

« Oui, charité bien ordonnée... »

« ...Commence par soi-même. Il convient d’abord de faire le ménage dans son espace mental, de rendre la conscience accueillante et bienveillante afin que ces qualités se manifestent naturellement, et ne puissent être contrariées... »

« ...même si Bastien nous chie dans les mains, alors qu’on lui a fait du bien ! »

« Tu as tout compris ! En fait, à propos de mains, Bastien nous montre plutôt du doigt la partie de notre conscience que l'on devrait changer, celle qui nous rend incapable d'agir naturellement, avec compréhension et compassion, sans se soucier des réactions émotionnelles. »

11/01/2012

140. La dualité onde-corpuscule et la respiration


Texte lu 


L’une des propriétés fondamentales de la physique quantique est de considérer la nature à la fois ondulatoire et corpusculaire d’éléments aussi variés et dissemblables à priori que la lumière et la matière.

La lumière est certes une onde, mais présente également un aspect corpusculaire avec les photons, les « grains » élémentaires qui la constituent. Enfin, à tout corps matériel est associée une onde.

Considérons les particules de matière, les atomes, et en deçà leurs constituants : protons et neutrons formant le noyau, et son cortège d’électrons. Elles se comportent essentiellement comme des ondes, mais dévoilent leur nature corpusculaire lorsqu’elles interagissent avec d’autres particules, ou font l’objet d’observations, comme avec des détecteurs.

Voyons maintenant pour la respiration. En effet, que peut-elle bien faire dans cette perspective ?

Lorsque la respiration se produit de façon inconsciente, régulée par le système nerveux autonome, elle s’ajuste aux besoins vitaux de l’organisme, mais peut s’avérer limitée (courte, partielle et localisée dans la poitrine chez des personnes trop sédentaires ou stressée). Le processus s’éloigne de la respiration abdominale naturelle du nourrisson.

Si l’on décide d’adopter une respiration consciente, elle pourra gagner en durée ainsi qu’en amplitude, se propageant telle une onde à partir de l’abdomen.
On retiendra ici l’association d’une onde au mouvement respiratoire. La respiration consciente facilite l’expression de l’attention qui maintiendra cet écoulement ondulatoire : à l’inverse des processus quantiques, où l’observation réduit l’onde à son expression la plus limitée : une particule.

Qu’est-ce que cela peut apporter de plus à la compréhension de la respiration consciente ?

Simplement un rappel : le lien entre attention et respiration consciente...et le plaisir d'évoquer une science, déroutante par ses lois, considérable par ses potentialités : la physique quantique !

10/01/2012

141. Spiritualiser la matière


Texte lu 


Dans une conférence vue sur Internet, il était question de « spiritualiser » la matière.

En affirmant cela, outre que l’on se place dans un contexte spiritualiste, on met l’accent sur la dualité, l’opposition entre le corps et l’esprit. Or, nombre de problèmes émanent de la dualité, ’est ce concept qu’il conviendrait d’analyser. 

Pourquoi ne pas aller directement à l’essentiel : la conscience.

Il ne s’agit pas de nier le corps, celui-ci s’exprime et se manifeste au travers de multiples sensations, c’est un fait. Mais au-delà des perceptions corporelles, nous « vivons » dans notre conscience, l’impression du contraire provient de notre condition : déplacement dans l’espace, sentiment du temps, informations sensorielles que l’on estime donc provenir de l’extérieur. Mais l’ensemble est traité et restitué par le cerveau, et c’est cela que l’on éprouve, qui donne l’impression d’avoir conscience.

Un exemple : on peut se trouver à l’aise dans un studio, et se sentir à l’étroit dans un appartement de 500 mètres carrés : si l’on habite l’espace disponible, le sentiment perçu trouvera sa résolution ultime dans la conscience.

On se trouve face à un dilemme : spiritualiser la matière ou privilégier le retour à la conscience. Avançons pas à pas.

Lorsque l’on évoque la matière, on pense naturellement à une substance opaque, bien circonscrite dans l’espace, faisant obstacle à tout franchissement. Si cela résulte du bon sens, soit ce que rapportent les sens, essentiellement la vue et le toucher, il en est tout autrement au niveau fondamental :

m = E/c²  (la plus célèbre formule, telle qu’elle apparaît dans le manuscrit original d’Albert Einstein) : énergie et matière indissociables.

La matière, ce sont des atomes, et les atomes c’est : 99,9999999999999% de vide ! 

Vraisemblablement, il ne devrait pas s’agir de cette matière. Alors observons ce qui se passe à la frontière, celle entre esprit et matière, là où les particules de matière se « transforment » en conscience : le cerveau.

Si le cerveau est essentiel comme organe de la pensée, il importe davantage de s’intéresser à la pensée elle-même celle qui, entre autres lorsqu’elle est intentionnelle, participe à l’élaboration de la conscience.

Il conviendrait donc de « spiritualiser » cette partie de la conscience « imbriquée » dans la matière, voyons cela :

Il y a d’abord différents états de conscience : instinctifs, émotionnels, intellectuels, intuitifs.

On peut évoquer les niveaux de conscience reliés à des plans subtils : astral, mental, causal...

Mais tous ces états sont reliés à la conscience elle-même, formant l’être multidimensionnel.

Vouloir « spiritualiser » un état particulier, c’est le dissocier de cet ensemble, le singulariser, le placer en « devenir » !

Or, l’être humain EST un tout indissociable.

Donc, simplement être, sans rechercher quoi que ce soit, mais ETRE dans l'attention, le niveau de conscience qui rassemble.




09/01/2012

142. Tendre l'autre joue


Texte lu 



« Si quelqu'un te frappe sur une joue, présente-lui aussi l'autre. »

Quelle aberration ! Surtout dans le modèle sociétal actuel !

Bon...Prenons quelques instants pour se calmer après les premiers séismes mentaux que cette affirmation biblique ne manquerait pas de produire.

Ceci étant fait, arrêtons-nous d’abord sur la « première joue », celle qui a reçu le coup initial. Mais sans plus attendre, élargissons le débat et considérons surtout les attitudes menaçantes et les agressions verbales.

Laissons de côté l’aspect physique, où la douleur n’est qu’une réaction nerveuse involontaire.

Ce qui survient presque immédiatement après ce genre de comportements, c’est une vague émotionnelle intense, accompagnée de réactions mentales similaires.

Si l’affrontement, la rancune ou la vengeance se manifestent, même à des périodes différentes, elles puisent toutes leur existence et leur énergie dans ce vaste réservoir qu’est la conscience émotionnelle.

Peut-il en être autrement ? Oui, si l’attention s’impose et confine cette conscience émotionnelle dans ses « quartiers » ! Alors, il y a rupture : le principe d’action (la « gifle ») et de réaction (la montée agressive) ne fonctionne plus.

Peut-être cela empêchera-t-il le « partenaire » de récidiver, et que l’on n’ait pas à « tendre l’autre joue » ?

Comment cela peut-il se produire ? Décontenancé par ce comportement imprévu, ne trouvant pas le carburant nécessaire (l’émotion déployée) pour maintenir les agissements agressifs.

Un dernier point : l'emploi du qualificatif de "partenaire" dans ce type de relation surprend pour le moins. Une explication s'impose. Il s'agit d'une situation où chacun peut apprendre de l'autre, apprendre quoi ? La connaissance de soi.

08/01/2012

143. Le conditionnement


Texte lu 



On prend un somnifère léger, le soir, pour s’endormir. Tout se passe bien, le sommeil est au rendez-vous.

Un jour, l’oubli se manifeste, et l’on va se coucher sans recourir au soporatif : pas de problème, un sommeil régulier se manifeste.

Le lendemain, l’oubli des gouttes quotidiennes réapparaît, mais comme l’on a passé une bonne nuit, la décision de ne plus recourir au somnifère s’impose.

Et là...c’est l’insomnie !

Si le corps retrouve instinctivement la voie du sommeil, le mental, persuadé des bienfaits du sédatif, empêche ce mécanisme naturel.

Dans bien des situations, nous comportons ainsi.

Conditionnés, liés, empêtrés, englués par des comportements, des façons d'être et des attitudes hérités souvent d'éducations et de cultures transmises de génération en génération, nous ne parvenons plus à être nous-même, incapables d'accueillir avec un esprit ouvert et neuf l'invitation de l'existence. Alors, un matin, au réveil, avant que la chape des soucis, ou simplement la routine des habitudes, ne resurgissent de la mémoire et se précipitent pour encombrer le mental : si l'on essayait de vivre cette fraîcheur spontanée de l'entre-deux, entre le sommeil et les conditionnements ? D'y demeurer seulement quelques instants pour le découvrir, savoir que de tels états existent, et s'y recueillir.

07/01/2012

144. J'ai envie d'être odieux aujourd'hui


Texte lu



Ne nous est-il pas déjà arrivé d’avoir cette pensée : «J’ai envie d’être odieux aujourd’hui » ?

Oui ! Et surtout de l’exercer avec conviction !

Comment une situation pareille peut-elle survenir ?

C’est ce que nous allons essayer de comprendre.

Ce type de comportement prend sa source dans la conscience émotionnelle.

D’accord. Mais pourquoi, parmi une myriade d’émotions, celle qui nous rend odieux s’impose-t-elle ?

L’environnement social, et surtout le modèle sociétal dans lequel nous sommes plongés, qui distille en permanence des raisons pour cela.

Qui distille ? Bon. Qui charrie ! C’est mieux !

Entendu. Mais pourquoi céder à cette tentation ? Ne disposons-nous pas du libre arbitre ?
Oui, mais difficile de résister.

De résister à quoi ?

À l’excitation qui accompagne l’envie d’être odieux, et surtout à la jouissance éprouvée lorsque l’attitude odieuse s’est manifestée.

Mais après, c’est fini. Non. Pourquoi ?

Car toutes les pensées qui sous-tendent l’action (émotion, excitation, envie, accomplissement) sont gérées par la conscience émotionnelle qui s’autoalimente et entretient le phénomène.

Impossible d’en sortir alors ? Si, cela est possible. Comment ?

En recourant à l’attention, ou à la respiration consciente si l’attention  seule ne suffit pas, ce qui placera la conscience émotionnelle en retrait, et donc dissipera l’envie d’être odieux pour la journée qui commence !

C’était un exemple. Mais si l’on utilise fréquemment cette méthode pour court-circuiter la conscience émotionnelle, ne risque-t-on pas de devenir un monstre froid ?

Non, on substituera simplement la sensibilité aux émotions : fini les charges émotionnelles et leurs effets anxiogènes, place à l’écoute et à la compréhension.

C’est mieux pour les relations sociales.

On peut dire les choses comme cela.