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17/04/2012

43. Pourquoi incriminer l’ego ?

     Texte lu



     Encore un texte sur l’ego (§ 19. La primauté de l’ego) ? Oui, il le mérite, vu la place qu’il occupe dans notre quotidien !

     Lorsque l’on subit une déception, des réactions émotionnelles  persistantes peuvent s’installer. Parfois, l’entretien méticuleux qu’on y apporte renforce cet état négatif. Comment cela est-il possible ?
     Par l’expression même de l’ego, celle que manifestent les consciences émotionnelle et intellectuelle, forgeant à la fois l’individualité et l’appartenance au groupe par l’imitation. Cela peut paraître compliqué, mais pas tant que ça. L’ego, à l’origine de la personnalité, établit donc une distinction avec les autres individus, mais par un choix reposant sur des critères multiples (réflexion, intérêt, influence), il peut être amené à rechercher la similitude, le conformisme auprès de certains modèles comportementaux.

     Revenons à la question : pourquoi maintenir et affermir ce sentiment négatif qui nous ronge de l’intérieur ?

     C’est en effet paradoxal : par nature, nous ne souhaitons pas souffrir, mais sous certaines conditions, nous n’hésitons pas à prolonger le tourment initial, fruit d’un acte externe (conflit, blessure...).

     Tout d’abord, il convient de définir ce phénomène.
     Il se distingue de l’effet initial : le ressenti immédiat de l’action perturbatrice, quelle qu’elle  soit. Comme un sillage, il n’en conserve que la trace, maintenue en mémoire sous la forme de souvenirs que la conscience peut activer à loisir, notamment lorsque l’émotionnel est de la partie.

     Puis survient la mise en perspective.
     C’est la réponse sociale, la contribution de la personnalité au groupe dont elle estime s’être intégrée : famille, amis, collègues, voisins...L’affirmation de soi apportera une réponse à l’événement.   

     Le principe de substitution.
     Le temps, dit-on, guérit toutes les  blessures. Même si cette règle n’est pas absolue, il dissipe néanmoins les souffrances. Aussi, pour maintenir le souvenir alerte, convient-il d’user d’ingrédients qui le rende supportable, voire stimulant : la rancune ou la vengeance s’y emploient parfaitement, créant et maintenant un état d’excitation.

     Certes, toutes ces situations émanent de l’ego, mais contrairement aux apparences, celui-ci affiche une nature fondamentalement neutre.
     A la naissance, le corps, comme l’ego, apparaît nu. Ce dernier se verra progressivement « revêtir » avec la compréhension, l’éducation et l’observation. Il ne possède pas une personnalité autonome, ce n’est aucunement un double psychique qui nous influence, il renvoie simplement l’image que nous entretenons au quotidien par nos préférences, nos répulsions, nos   conditionnements.
     Baignant dans un climat d’altruisme et de compassion, il présenterait un tout autre visage, et ne s’appliquerait pas à entretenir des sentiments négatifs, ne convoiterait pas avidement des épisodes de revanches !

     Dès lors, oublions la notion d’ego, ne l’accablons pas, ne le rendons pas responsable de tous les maux que nous subissons, mais souvenons-nous, lorsqu’il prend trop d’importance, que des réponses existent : se centrer sur l’attention et la respiration consciente pour le nourrir différemment, lui permettre d’exprimer notre véritable nature, celle qui recherche la compréhension, la compassion, et l’unité avec tout ce qui EST.

     

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